Le manque de médicaments s’est fait ressenti ces derniers mois dans de nombreux hôpitaux et pharmacies en zone rurale ou semi urbain. Cette situation a plongé de nombreux malades dans l’incertitude. Ils allaient d’un hôpital à un autre ou d’une pharmacie à une autre avec l’espoir de trouver le sésame. Un malaise relevé par les parlementaires en séance orale vendredi dernier à l’hemicyle de la chambre basse du parlement en présence du ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie.
Selon le membre du gouvernement, le Centre nationale, d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename) a connu des difficultés liées à certaines contraintes au niveau global notamment avec le Covid 19. « La Cename peine à remonter la pente. Au niveau du premier ministère, il y a un comité qui a été mis en place pour la restructuration et la récapitulation …. Cette situation revient progressivement à la normale ».
A en croire Manaouda Malachie : « Des dotations spéciales permettront de donner un souffle nouveau au Cename. Il devra avoir au niveau régional, des fonds régionaux pour la promotion de la santé qui font, en ce moment ; l’objet d’une réflexion au niveau de notre département ministériel ».
La nouvelle approche de prise en charge voudrait réduire le paiement direct des soins par les ménages pour l’accès aux soins essentiels. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de la Couverture santé universelle (Csu) dont la phase 1 a été lancée le 12 avril 2023. A date, plus de 2000 personnes sont déjà enrôlées.
Une santé financière à refaire
Outre le pan opérationnel, la santé financière de cet établissement public est préoccupante. En effet, l’État et ses démembrements constituent paradoxalement de sérieux obstacles à l’atteinte de cet objectif. C’est ce qui transparaît du rapport sur la situation des entreprises et des établissements publics au 31 décembre 2021, rendu public par la Commission de Réhabilitation des Entreprises (CTR).
Selon ce document qui dresse la santé financière des entreprises et établissements publics relevant du portefeuille de l’Etat, la Cename a connu une année 2021 difficile, marquée par l’arrêt des livraisons de médicaments commandés auprès de fournisseurs étrangers. La raison principale de cette rupture de collaboration est l’accumulation des factures impayées dont le montant cumulé s’élève à 14, 6 milliards de FCFA au 31 décembre 2021.
La CTR note également une baisse des ressources propres de cette structure étatique, issues essentiellement de la vente des médicaments. Une régression évaluée à -66% si on la compare à l’exercice 2019 et à -48% par rapport à 2020. C’est un autre aspect important sur lequel le gouvernement doit ce penché pour la viabilité de cet entité publique.
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