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Afriland First Bank CD en mode spoliation par le premier cercle de « FATSHI »

Ministres, conseillers spéciaux, chargés de mission, autorités judiciaires et administratives, tous ensemble pour s’emparer de cette banque, spoliant ainsi tous les actionnaires internationaux et locaux.

En République démocratique du Congo, Amira Gold est une société de mine qui a fait parler d’elle dans une affaire de corruption et de détournements de fonds. Les visages qui se cachent derrière ce prête-nom sont désormais connus, ce sont des proches du chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi dit Fatshi : Fortunat Biselele, conseiller privé de Fatshi ; Guy Loando Mboyo, ancien sénateur et ministre de l’Aménagement du territoire et Gaston-Thethe Kabwa Kabwe, avocat et ex-conseiller sécurité de Fatshi. Gaston-Thethe est décédé en juin 2021.

Ce réseau chapeauté par Fortunat Biselele avait fait main basse sur une mine d’or de l’Etat située dans l’Ituri. Ami proche et conseiller de Félix Tshisekedi, Fortunat Biselele, plus connu sous l’appellation de Bifort dans les cercles de Kinsahsa, n’est pas à sa première entreprise créée dans le secteur des mines.

Fortunat Biselele, Conseiller privé de Felix Tshisekedi © DR

Avant Amira Gold, il y avait Tamaris Services et Protrade. Selon les affirmations des sources généralement bien introduites, Fortunat Biselele et son réseau avaient extorqué la somme de 20 millions de dollars logée dans un compte chez Afriland First Bank CD pour acheter cette mine d’or valant près de 2 milliards de dollars. Comment se fait-il qu’une mine est achetée à un prix représentant le dixième de sa valeur ? Autre question : d’où viennent ces 20 millions de dollars ?

Notre enquête sur une affaire aussi gravissime menée tant en Ituri qu’à Kinshasa nous révèle que l’exécutif d’Afriland First Bank CD (l’administrateur directeur général Souaibou Abary et le directeur général adjoint Patrick Kafindo) est au centre du réseau de Fortunat Biselele. En effet, tout commence le 3 août 2020 quand la société Amira Gold se voit octroyé un compte bancaire dans les livres d’Afriland First Bank CD, compte ouvert en violation des règles de formalité d’usage.

Selon les documents en notre possession, entre le 16 septembre 2020 et le 30 juin 2021, Souaibou Abary et Patrick Kafindo débitent un compte interne de la banque et créditent Amira Gold ; ce qui signifie clairement que l’argent appartenant à la banque est volé et déposé dans le compte d’Amira Gold.

Puis, les gérants d’Amira Gold et d’autres membres du réseau Fortunat Biselele décaissent les fonds portés au crédit du compte d’Amira Gold. Le total des fonds décaissés à la banque par ce mécanisme avoisinerait 35 millions de dollars.

 

Patrick kafindo, ancien Directeur général ai Afriland First Bank © DR

L’affaire Amira Gold a fait la une de grands journaux internationaux. Le scandale n’a cependant suscité aucune enquête de la part de la Présidence de la République ; Fortunat Biselele n’a pas été inquiété et reste le tout puissant conseiller privé du chef de l’Etat.

Cette position priviligiée, Bifor l’utilise pour faire toute sorte de trafics d’influence au point d’avoir la grande partie de l’appareil judiciaire à sa solde dans le but de dissimuler ses nombreuses opérations de vol et de spoliation des investisseurs, comme c’est le cas pour Afriland First Bank CD, à travers le dossier Amira Gold.

Avec son clan de malfaiteurs et de bandits à col blanc, il a réussi depuis bientôt un an à mettre de côté les instances statutaires de gouvernance de la banque à travers de basses manoeuvres indignes, allant jusqu’à embarquer la banque centrale qu’il a réussi à instrumentaliser pour maintenir Patrick Kafindo comme seul maître à bord, malgré sa révocation par le Conseil d’Administration pour des faits établis de vols, fraudes et abus de biens sociaux.

Pire encore, aujourd’hui, Patrick Kafindo est représenté par l’avocat Taylor Lubanga dans la procédure judiciaire visant à empêcher les administrateurs ad hoc désignés par le tribunal du commerce de prendre fonction au sein d’Afriland First Bank CD.

Taylor Lubanga, avocat de Patrick Kafindo © DR

Professeur de droit à l’Université de Kinshasa, Taylor Lubanga est présent dans la liste des membres du cabinet du président de la république. Il est notamment chargé de mission. Un titre qu’il n’hésite pas utiliser pour mener des trafics d’influence divers. C’est ainsi que son nom est cité dans plusieurs affaires louches, où il joue généralement des rôles de sous-main.

Le très introduit magazine confidentiel Africa Intelligence le voit derrière l’interpellation et l’interrogation du ministre des hydrocarbures Didier Budimbu par l’ANR le 13 avril 2022. Autre media, autres accusations, le site internet lejecos.com parle de trafic d’influence et d’immixtion dans les affaires judiciaires. Cette fois, Taylor Lubanga tenterait de faire exécuter un jugement pourtant annulé contre l’entreprise chinoise Huawei.

Dans cette affaire, le juge du tribunal du commerce de la Gombe avait condamné Huawei à verser la somme de 50 millions de dollars US à la société GTCC SARL. Ayant attaqué ce jugement devant la Cour de cassation, Huawei a obtenu la condamnation du juge dans une action de prise à partie, ce qui annulait les effets de sa décision judiciaire. Or Taylor ferait des mains et des pieds pour exécuter cette décision. Le site Cnews One de conclure : « Le pire, c’est quand Taylor Lubanga dit à qui veut l’entendre qu’il cherche l’argent de campagne électorale pour Félix Tshisekedi. »

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