L’audience criminelle spéciale des 14 et 15 septembre 2026 s’est ouverte dans un contexte particulièrement suivi, dans le cadre du procès relatif à la mort du journaliste Martinez Zogo.
Reprise dès 11 h 20 sous la conduite du nouveau Commissaire du Gouvernement, le Lieutenant-Colonel Dr Atemengué Omgba Éric, cette session a notamment été consacrée à l’audition du 34ᵉ témoin de l’accusation, le Colonel Otoulou Jean-Pierre, dont l’examen avait été renvoyé afin de permettre les débats contradictoires.
Face à cet enquêteur de la gendarmerie nationale, l’accusé Bruno Bidjang a engagé la cross-examination. Il a été suivi dans cet exercice par plusieurs coaccusés, notamment le Lieutenant-Colonel Danwé, Tongué Nana, Godje Oumarou, Saiwang Yves, Heudji Serges et Bakaiwé Simon. Les échanges se sont poursuivis jusqu’à la suspension de l’audience à 16 h 33, pour trente minutes, afin de permettre au témoin de prendre une pause. Au cours de cette séquence, Bruno Bidjang a notamment orienté ses questions sur les éléments de l’enquête et sur les conditions ayant conduit à son interpellation.
Focalisant notamment ses questions sur l’absence de confrontation directe entre lui et le cyber-activiste connu sous le pseudonyme de « Paul Daizy Biya », l’accusé a interrogé le témoin sur les raisons de ce choix au cours de l’enquête. Bruno Bidjang a ainsi déclaré à la barre : « Pourquoi avoir choisi de ne pas faire de confrontation entre Paul Daizy Biya et moi, alors que vous avez dit que c’est par rapport à mes échanges avec lui que vous avez envoyé 62 gendarmes m’interpeller ? »
Cette question visait notamment à obtenir des précisions sur les éléments ayant motivé son interpellation et sur la place accordée à ses échanges avec cet activiste dans les investigations. En réponse, le Colonel Otoulou Jean-Pierre a indiqué : « Nous avons retenu les indices contre vous ».
Cette réponse renvoie aux éléments que les enquêteurs affirment avoir retenus au cours de leurs investigations. Dans le cadre du débat contradictoire, ces éléments sont désormais soumis à l’appréciation du tribunal militaire, qui doit en déterminer la portée et la valeur au regard des autres pièces du dossier.
La mobilisation de 62 gendarmes évoquée à l’audience, ainsi que les éléments issus des investigations, sont également au cœur des débats. Les discussions portent notamment sur les relevés téléphoniques, les données de géolocalisation, les différentes communications examinées par les enquêteurs et les éléments matériels recueillis au cours de la procédure.
La défense de Bruno Bidjang cherche, à travers ses questions, à obtenir des éclaircissements sur la manière dont ces éléments ont été exploités et sur leur lien avec les faits qui lui sont reprochés. Au-delà de la question de la confrontation avec Paul Daizy Biya, les débats doivent ainsi permettre d’examiner le rôle précis attribué à chacun des accusés dans les faits ayant conduit à la mort de Martinez Zogo.
À la reprise de l’audience à 17 h 03, le nouveau Commissaire du Gouvernement a poursuivi l’examen du 34e témoin, en recentrant les échanges sur les éléments matériels de l’enquête et sur les charges évoquées dans le dossier. À ce stade, leur portée demeure soumise au débat contradictoire et à l’appréciation du tribunal militaire.
Source : Esbi Média

