Le commentateur estime que Vision 4 aurait dû privilégier un recours gracieux auprès du Conseil national de la communication (CNC) après la décision du régulateur. Il critique également la démarche du ministre de la Communication, qui a écrit directement à Canal+.
Le différend opposant Vision 4 au Conseil national de la communication (CNC) continue d’alimenter le débat sur les procédures de contestation des décisions du régulateur des médias au Cameroun. Invité de l’émission Le Grand Oral sur A1, Timothée Essomba a estimé que la chaîne de télévision aurait dû privilégier les voies de recours internes avant de solliciter une intervention extérieure.
Selon le commentateur, les décisions du CNC, en tant qu’actes administratifs, peuvent faire l’objet d’un recours gracieux. Cette démarche permet à la partie qui s’estime lésée de demander à l’autorité ayant pris la décision de réexaminer sa position.
« Il aurait simplement fallu, à Vision 4, de saisir le CNC », a-t-il déclaré, considérant qu’une telle initiative aurait permis au régulateur de disposer d’éléments supplémentaires pour réexaminer son dossier.
« Les décisions du CNC sont des actes administratifs susceptibles de recours en interne par le mécanisme du recours gracieux. Alors lorsque vous vous estimez lésé par la décision du régulateur, optez d’abord pour la solution de recours interne. On dit bien, vaut mieux un mauvais arrangement qu’un bon procès.
Il aurait simplement fallu, à vision 4, de saisir le CNC au fait de solliciter sa commisération au regard des enjeux politiques et autres. Le CNC aurait donc eu l’élément matériel pour restatuer avec la possibilité soit de réviser la décision, soit de la réformer, soit même de se rétracter. Il en a le droit.
Sauf que la défiance républicaine a fait que la partie s’estimant lésée n’a pas opté pour le recours interne. L’acte de défiance est posé par Vision 4. Et la défiance est tellement flagrante et tellement moche qu’au lieu de saisir par recours même le Mincom ou de saisir le CNC, ils ont sollicité une audience, médiatisée en plus, auprès du ministre de la Communication. Donc du point de vue de l’interprétation, c’était une demande d’intervention.
Mais le ministre de la communication aussi, c’est comme s’il s’est laissé emballer par l’euphorie de défiance au point d’écrit directement à Canal+. Oubliant qu’il a le droit de saisir le CNC et il a le droit de saisir le Premier ministre », a déclaré Timothée Essomba Abena.

