A Bafang, chiens et chats disparaissent pour finir dans les assiettes

Cameroun Actuel
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Un phénomène préoccupant prend de l’ampleur à Bafang, dans le Haut-Nkam : la consommation de viande de chien et de chat. Depuis plusieurs mois, les habitants constatent la disparition progressive des animaux errants.

Selon plusieurs jeunes interrogés par Cameroon Tribune, cette pratique est favorisée par la cherté de la vie, cette viande étant perçue comme une alternative moins coûteuse. Dans de nombreux cas, les animaux seraient volés avant d’être consommés. Résultat, laisser son chien ou son chat en divagation revient souvent à risquer de ne plus le retrouver.

Au-delà des considérations culturelles, cette situation soulève des questions de santé publique, de sécurité et de protection des animaux. Les autorités sont appelées à sensibiliser les populations et à mieux encadrer le phénomène.

Historiquement, lorsque les animaux entrent dans le mode alimentaire des peuples, la tradition veut qu’on commence à les élever pour contrer la courbe de leur rareté. Le comportement de nos mangeurs est aux antipodes de cette attitude de responsabilité. Alors que personne n’ignore la proximité de ces animaux avec leurs propriétaires qui les considèrent parfois comme des membres à part entière de leurs familles, le rôle des chiens dans le maintien de la sécurité autour des domiciles pendant la nuit ou cette traque aux souris organisée par des chats bien doux, ces animaux sont piégés, attrapés et tués, pour être mangés.

Cette insensibilité n’émeut encore de manière remarquable aucune autorité, alors qu’il s’agit bien de vol, les animaux attrapés étant bien entendu la propriété de leurs maîtres, qui les ont élevés et dressés pour jouer diverses fonctions dans leurs domiciles. L’heure n’est pas encore à la création d’un syndicat pour la défense des droits de ces animaux, chaque victime se contentant pour l’instant de trouver une solution de rechange à la déstabilisation ainsi créée et d’assurer la sécurité des nouveaux compagnons.

Mais on n’est plus loin d’une organisation des populations en comités de vigilance pour protéger leurs animaux domestiques. Pour beaucoup, il s’agit d’actes de barbarie, qui doivent cesser. Il s’en trouve pour souhaiter des sanctions exemplaires à l’endroit de ces voleurs spéciaux. Encore faut-il leur mettre la main dessus au moment de leur forfait.

Autrefois, la consommation du chien et même du chat était un rite ou accompagnait celui-ci. On assiste à une banalisation de la pratique. Dans plusieurs villes du Cameroun, c’est autour d’un bouillon de chien que de supposés vétérans, donc de parfaits citadins, finissent leur partie de football, les week-ends. Sur des profils tendancieux des réseaux sociaux, les images du bon rat d’antan sont désormais remplacées par des gigots de chien ou parfois un alignement de plusieurs chats bien rôtis.

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