Depuis la ville de Douala, où il vit, Brandon Youmbi, plus connu sous le nom de Yombi BK, est un comédien et créateur de contenu qui conjugue design professionnel et humour populaire pour traduire les préoccupations et les finesses de la vie urbaine camerounaise. Formé en Visual Communication à la Eastern Mediterranean University, il met au service du public ses compétences en graphisme (Procreate, Adobe) et sa sensibilité comique pour créer des sketchs qui résonnent avec des centaines de milliers d’abonnés.
Au delà du rire, sa démarche se veut pédagogique. Concrètement, l’humour devient un instrument d’éducation civique et sociale, capable d’éveiller les consciences sur la vie chère, les comportements collectifs et les stéréotypes, tout en valorisant l’éthique professionnelle des créateurs. Ambassadeur de marques comme LemFi, Yombi BK illustre comment les réseaux sociaux transforment des talents locaux en acteurs économiques et culturels.
Son message central est clair et instructif pour la jeunesse : développez vos compétences, utilisez la visibilité pour construire des projets durables, et surtout, respectez-vous, car l’humour, bien employé, rapproche; mal employé, il fracture. Voici du reste l’intégralité de l’interview qu’il nous a accordé à ce sujet.
Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je suis Brandon Youmbi, connu comme Yombi BK. Créateur de contenu, comédien, graphiste et designer basé à Douala. J’alterne entre vidéos humoristiques et projets graphiques professionnels.
Quelle place occupe le design dans votre travail créatif ?
Le design est le socle. Ma formation en Visual Communication m’a donné des méthodes et des outils pour raconter visuellement. Le graphisme structure ma pensée, même quand j’écris des sketchs.
Comment êtes-vous arrivé à la création de sketchs ?
Les idées naissent de l’observation du quotidien à Douala : conversations, petites tensions familiales, personnages récurrents. J’extrais une situation reconnaissable et je la transforme en scène brève et punchy.
Comment combinez-vous rigueur artistique et humour populaire ?
Je traite chaque format comme un projet, à savoir, storyboard, rythme, choix visuel. Le respect de la forme vient du design ; l’humour vient de l’écoute du public. Les deux se nourrissent.
Quelles thématiques vous intéressent le plus dans vos capsules ?
Les relations amoureuses, la vie chère, les rapports de génération et les figures sociales typiques. ces sujets touchent tout le monde et offrent matière à réflexion autant qu’à rire.
Votre phrase choc insiste sur la dignité. Que signifie-t-elle concrètement dans votre pratique ?
Pour moi, dignité signifie respecter les personnes dont on parle, éviter la moquerie gratuite et ne pas chercher à humilier pour obtenir des vues. L’humour doit humaniser, non déshumaniser. C’est un principe éthique qui guide mes choix créatifs et commerciaux.
Quel impact réel observez-vous des réseaux sociaux sur l’économie locale ?
Ils créent des opportunités : contrats, visibilité pour artisans et commerçants, emplois indirects. Beaucoup de jeunes transforment désormais une présence en ligne en activité rémunératrice et structurée.
Quelles dérives vous inquiètent le plus ?
La course au buzz qui pousse à diffuser des mensonges, des contenus humiliants ou dangereux. Cela altère la confiance du public et peut nuire durablement à des personnes réelles.
Quel conseil pédagogique donneriez-vous aux jeunes créateurs ?
Apprenez votre métier (technique et éthique). Pensez la visibilité comme un projet professionnel : monétisation, partenariats responsables, image publique. Et surtout : gardez votre dignité ; utilisez l’humour pour rapprocher, pas pour diviser.
Comment choisissez-vous vos partenariats de marque ?
Je sélectionne des partenaires dont les valeurs correspondent aux miennes et dont les objectifs respectent ma communauté. La transparence sur les collaborations est non négociable.
Quels outils utilisez-vous pour produire vos contenus ?
Procreate pour l’illustration, Adobe Photoshop et Illustrator pour le graphisme, Premiere pour le montage vidéo. Mais l’outil le plus important reste l’observation et l’écriture.
Que faudrait-il améliorer pour soutenir les créateurs au Cameroun ?
Plus d’accès à la formation technique, de structures de monétisation locales, et d’infrastructures (internet, studios) pour professionnaliser le secteur. Des politiques publiques qui reconnaissent et protègent le travail des créateurs seraient un plus.
Un dernier mot pour vos abonnés et aux jeunest ?
Travaillez dur, formez-vous, soyez fiables. L’humour est une force sociale : employez-le pour rapprocher les gens, pour éduquer et pour construire des projets durables. Gardez votre dignité et laissez l’humour rapprocher les gens, pas les diviser.

