Selon le journaliste et Directeur de publication de L’Oeil du Sahel, à travers la révision de la Constitution en cours, Paul Biya prépare sa succession en marginalisant son propre parti, le RDPC.
Dans une publication sur Meta, Guibai Gatama accuse Paul Biya de redessiner la succession en coulisses.
« À propos du vice-président… D’un coup, plusieurs mouvements s’enchaînent avec la réforme de la Constitution instituant un poste de vice-président. Paul Biya marginalise de fait son propre parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), en tant qu’acteur central de sa succession.
Dans le même élan, il écarte le Grand-Nord du jeu successoral, après avoir porté Aboubakary Abdoulaye à la tête du Sénat et réduit momentanément à néant son pouvoir de « faiseur de roi ». Je le vois tout aussi peu, et ce n’est là qu’une intuition, désigner, ou maintenir au moment décisif, un successeur issu des régions anglophones.
Cette manœuvre politique est donc tout sauf improvisée. Elle obéit à une logique, dessine une trajectoire pour l’après-Biya et laisse apparaître une ligne de choix claire : à ce stade, elle ne regarde ni vers le Grand-Nord, ni vers le Sud-Ouest ou le Nord-Ouest, encore moins vers l’Ouest », écrit Guibai Gatama.
La modification constitutionnelle prévoit que le président de la République puisse être assisté d’un vice-président. « Il peut être assisté d’un Vice-Président », indique l’alinéa 3 de l’Article 5.
Selon les dispositions évoquées, en cas de vacance du pouvoir, le vice-président serait appelé à achever le mandat du président de la République.
La révision constitutionnelle prévoit par ailleurs que le vice-président achève le mandat du président de la République en cours, en cas de vacances. Les cas de vacance sont énumérés : décès, démission ou empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel.
En outre, la Constitution prévoit que le Président de la République puisse déléguer une partie de ses pouvoirs au Vice-Président, selon les modalités qu’il fixe.
Il s’agit d’une modification substantielle de la Constitutionnelle. Désormais l’intérim du pouvoir en cas de vacance n’est plus assuré par le président du Sénat. La suite du mandat est terminée, selon les nouvelles dispositions, par le vice-président qui mène le mandat à son terme. Par ailleurs, le texte prévoit que le vice-président peut se porter candidat à l’élection présidentielle une fois qu’il a fini d’assurer la vacance du pouvoir.

