Si jamais il est élu en 2025, Serge Espoir Matomba, premier secrétaire du parti d’opposition Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS), entend « refonder » en profondeur le Cameroun pour rompre avec le legs colonial. Cette ambition est clairement exprimée dans une vidéo récemment publiée sur sa page Facebook, où il met en avant la souveraineté du Cameroun et de l’Afrique comme le nouveau pilier de son engagement politique.
« L’État du Cameroun existe depuis 1957 et ce ne sont pas les Camerounais qui l’ont créé. Cet État a été créé par un décret français. Il faut noter que les structures, la constitution et les institutions qui ont été pensées en ce temps-là devaient servir les intérêts des occidentaux mais pas les intérêts des Camerounais », explique-t-il, soulignant la nécessité de repenser l’État du Cameroun.
Cette prise de position de Serge Espoir Matomba n’est pas isolée. Depuis plusieurs mois, le leader du PURS affiche un positionnement souverainiste de plus en plus affirmé. Il s’est rapproché des figures du panafricanisme militant pour l’indépendance totale de l’Afrique. En janvier dernier, il a reçu les activistes Kemi Seba et Nathalie Yamb au Cameroun, et il s’est également aligné avec des politiciens africains partageant les mêmes idées souverainistes, comme l’Ivoirien Charles Blé Goudé, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire.
Serge Espoir Matomba ne cache plus son ambition de viser l’élection présidentielle de 2025. Le PURS a annoncé qu’il présentera un candidat, une décision qui sera officialisée lors de leur congrès prévu début 2024. Afin de se préparer pour cette échéance, le parti a lancé une campagne de mobilisation et de délivrance des cartes de membre, débutée le 4 juillet à Douala et poursuivie le 15 juillet à Yaoundé. Tous les chefs-lieux de région sont impliqués dans cette initiative, et selon les responsables du PURS, la mobilisation est déjà impressionnante, avec des milliers de nouvelles adhésions.
Malgré qu’il soit le seul élu du parti, Serge Espoir Matomba revendique officiellement 599 956 adhérents à travers les dix régions du Cameroun. Il utilise les médias pour faire entendre sa voix, n’hésitant pas à critiquer le président Paul Biya, dénonçant l’abandon du Cameroun anglophone par Yaoundé, la corruption galopante, ou encore le manque d’infrastructures sur le territoire.
Ce discours, bien connu des Camerounais pour l’entendre depuis de nombreuses années de la part d’autres leaders de l’opposition, pose la question : Serge Espoir Matomba saura-t-il se démarquer ? Pourra-t-il s’exprimer dans une campagne présidentielle dominée par les partis traditionnels ? Il lui reste encore un peu plus d’un an pour faire ses preuves et convaincre les électeurs de la nécessité de sa « refondation » du Cameroun.

