Il s’est toujours autant intéressé à l’écriture qu’à la réalisation, aux séries comme au cinéma. Diplômé du programme séries TV à La Femis avec les félicitations du jury, Frédéric Rosset est le créateur d’Irresponsable. C’est là qu’il a repéré le potentiel de son actrice principale Allison Chassagne. Dans La vie au Canada, la jeune femme incarne Sarah. On l’imagine attachante, un peu à côté de ses escarpins. Elle se rend au week-end de l’anniversaire de ses parents, accompagnée d’Hermione, dix ans, la fille de son compagnon qui a trouvé un prétexte pour sauter les fêtes. Très vite, cette absence crée un malaise. Les non-dits pèsent avant que la vérité n’éclate. Rencontre avec Frédéric Rosset, auteur de cette délicate comédie douce-amère.
Quelle est la genèse de ce film ?
Il est né avec le désir de parler des conséquences d’une séparation. Non pas en se concentrant sur le couple mais sur la situation de l’enfant lorsque l’un des deux est beau-parent. Dans ce cas, la conséquence indirecte d’une séparation est encore plus douloureuse. Nous nous séparons de cet enfant qui n’est pas le sien mais dont nous nous sommes rapprochés. J’ai vécu cette situation étant enfant. Dès lors, aborder le point de vue d’un beau-parent qui perd la garde d’un enfant qui n’a jamais été le sien est une manière de parler d’une parentalité choisie et fragile. Il était bien évident que c’était un bon sujet de fiction, mais pas forcément pour longtemps. Cela s’est également doublé d’une envie de travailler avec une actrice, Allison Chassagne, qui a eu un rôle important dans la dernière saison de la série Irresponsable. Elle était géniale mais elle est arrivée un peu tard dans la série. Je voulais prolonger l’expérience et lui confier le rôle principal.
Pourquoi filmez-vous principalement des femmes dans ce film ?
Je sortais d’une série où les personnages principaux étaient deux garçons, un père et un fils. Peut-être que je voulais parler de la relation mère-fille, même si ce n’est pas vraiment sa mère ou sa fille. Ça m’a paru assez évident quand j’ai eu l’idée de mettre un enfant dans le personnage d’Allison, que ça allait être une fille. Mais je ne voulais rien réclamer. C’est arrivé comme ça.
De plus, l’homoparentalité devient un non-sujet…
Je voulais parler d’une rupture entre cette belle mère et cette belle fille. La rupture devait être hors écran et la mère de l’enfant pas dans le film. Par ce principe et cette envie, on n’a jamais vu l’ex-couple. Le personnage est homosexuel mais il n’y avait pas besoin d’en faire un sujet. En fait, je n’ai pas cherché à le faire, là n’était pas la question.
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