Scène de tension à la police judiciaire de Douala : un avocat affirme avoir été brutalisé par un commissaire

Cameroun Actuel
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Maître Fabien Kengne, avocat au barreau, affirme avoir été agressé, ce jour, par un commissaire en service au Service régional de la police judiciaire du Littoral. Il a livré sa version des faits dans un post publié peu après l’incident, qu’il situe environ une heure avant sa publication. À ce stade, aucune réaction du commissaire mis en cause ni de la hiérarchie policière n’est connue.

Tout part d’une plainte visant l’un de ses clients. Selon l’avocat, l’enquête a été menée sur instruction du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Douala-Ndokoti. Son client a été entendu, et lui-même dit avoir produit des pièces pour démontrer l’absence d’infraction.

Les choses se compliquent ensuite. Une confrontation est envisagée, mais le client, hors du pays, se dit indisponible. Le dossier retourne alors au parquet, qui, d’après l’avocat, demande aux enquêteurs d’inviter son client à « désintéresser la victime ». Maître Kengne retourne voir le procureur, qui aurait cette fois demandé de surseoir à ses propres instructions et de lui renvoyer le dossier. Ces nouvelles instructions auraient été transmises à la PJ le 16 septembre 2026.

Ce matin, l’avocat se rend donc auprès du commissaire, chez qui, lui a indiqué l’enquêteur, le dossier se trouvait. Les salutations sont, dit-il, cordiales. Mais dès qu’il décline l’identité de son client et l’objet de sa visite, le ton monte. Le commissaire lui aurait reproché d’avoir « interdit la confrontation » et de vouloir lui mettre la pression. À la réplique de l’avocat, selon laquelle chacun fait simplement son travail, le policier se serait levé pour lui ordonner de quitter son bureau.

La suite se joue dans le couloir. Maître Kengne affirme que le commissaire l’y a suivi, proféré des menaces, puis tenté de le frapper devant ses collègues. Il l’aurait ensuite saisi par la veste et projeté dans la cour de la PJ. Toujours d’après l’avocat, les collègues, visiblement stupéfaits, sont intervenus pour retenir le commissaire, avant de lui demander de quitter les lieux.

L’avocat dit avoir fait preuve de retenue et annonce vouloir saisir « qui de droit ». Il promet que l’affaire se poursuivra « là où les hommes civilisés se retrouvent ».

Lire ci-dessous le témoignage de Me Fabien Kengne :

« Je viens d’être agressé par un Commissaire de Police en fonction au Service Régional de la Police Judiciaire du Littoral il y a environ 01 heure et j’ai toujours du mal à croire que pareils agissements puissent avoir lieu, contre un Avocat qui faisait avec pondération et courtoisie son travail, et qui surtout le rencontre pour la première fois. C’est aussi la première fois que cela m’arrive.

De quoi s’agit-Il?

Je suis constitué par un client, à la suite d’une plainte portée contre lui.
Toutes les parties ont été entendues. Les enquêtes font suite aux instructions du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Douala-Ndokoti.

Estimant qu’il n’y avait aucune infraction, encore moins d’indices, mon client a régulièrement été entendu et j’ai produit des pièces pour étayer l’absence d’infraction.

Paradoxalement, j’apprends qu’il y aurait une confrontation qui est envisagée. Mon client exprime son indisponibilité parce qu’il est hors du pays. Le dossier est retourné au parquet qui instruit les enquêteurs d’inviter mon client à désintéresser la victime. Quelle victime! C’est ainsi que je suis retourné voir le Procureur qui cette fois a demandé de surseoir à ses propres instructions et de lui retourner le dossier.

Ces instructions ont été transmises à la Police Judiciaire depuis le 16 Septembre 2026.
Depuis lors ce Commissaire, Chef de Services de…, est assis sur le dossier, ce que je ne savais pas, puisque je ne le connais même pas.

Ce matin donc j’ai rencontré ce Commissaire que l’enquêteur m’a dit avoir le dossier sur sa table.
Je m’y amène et je trouve une Dame qui s’esquive et nous laisse seuls. Les salutations sont cordiales. Dès que je décline l’identité de mon client, et lui dit l’objectif de ma visite, à savoir retourner le dossier ce Commissaire s’emporte.

Il déclare: C’est vous qui avez interdit la confrontation. Vous ne nous mettez pas la pression. Vous ne nous donnez pas des ordres.
Et moi de rétorquer: Monsieur le Commissaire, ce n’est ni votre dossier, ni le mien, chacun fait seulement son travail.

C’est à ce moment qu’il quitte son siège derrière sa table, se pointe devant moi et m’intime l’ordre de sortir de son bureau. Je m’exécute en sortant de la pièce qui lui sert de bureau. Il me suit au couloir, continue de de me proférer des menaces en me demandant pour qui je me prends?

Hors de son bureau, en présence de ses collègues, y compris la Dame qui a bien voulu nous laisser seuls, dans une colère noir, il cherche même à me frapper.

Je lui demande s’il a un problème personnel avec moi ? Et à ce moment, il saisit ma veste et me jette dans la Cour de la PJ.
Ses collègues tous étonnés, à en juger par leurs regards, l’ont arrêtés, après qu’il a mis les mains dans les poches, je ne sais pourquoi, et m’ont demandé de partir des leieux.

Quelle Police !

Je rapporte ces faits, sous réserve de la saisine de qui de droit. J’aurais pu répliquer par la même vilonce, mais j’ai été respectueux du titre que porte mal cette brebis galeuse de la police.

Nous allons nous revoir là où les hommes civilisés se retrouvent ».

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