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Sanctions du CNC : plusieurs médias et journalistes épinglés

Le Conseil national de la communication (CNC) a infligé de nouvelles sanctions à certains journalistes et organes de presse du pays.

L’instance de régulation a prononcé ces sanctions le jeudi 20 mars. C’était à l’issue de sa 45e session ordinaire, qui s’est tenue au siège de l’institution à Yaoundé.

Huit affaires examinées

La première concernait le président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, qui a opposé Equinoxe Télévision, son directeur général et Ndingmour Cédric, journaliste à ladite station.

Selon le CNC, le plaignant a déposé une plainte auprès du Conseil concernant une émission diffusée lors de l’émission 10-12 Le Zénith du 8 janvier.

Le CNC a déclaré que l’émission contenait des allégations infondées présentant faussement le directeur de la Commission comme le propriétaire de l’entreprise de génie civil « Beta Consult ».

Bien que le CN ait pris acte des sanctions internes prises par Equinoxe TV à l’encontre du journaliste concerné, à savoir une interrogation et une suspension de huit jours, il a toutefois estimé que lesdites sanctions n’exonèrent pas Ndingmour de sa faute.

En conséquence, le conseil a décidé d’adresser un avertissement formel au directeur général d’Equinoxe TV et de suspendre Ndingmour de l’exercice de son métier de journaliste au Cameroun pour une période d’un mois.

Le directeur général d’Equinoxe TV et Ndingmour étaient également impliqués dans la deuxième affaire avec Avanti SA Cameroun. Le plaignant a déposé une plainte contre Equinoxe, alléguant manipulation de l’information et atteinte à l’opinion publique.

Le NCC a déclaré que cette plainte faisait suite à la diffusion d’informations non vérifiées et insinuantes concernant l’un de ses produits, le riz « Big Joe », présenté comme contenant potentiellement des substances nocives.

Le conseil a déclaré avoir constaté le manque de diligence dans l’enquête et a décidé d’adresser un avertissement formel au directeur général d’Equinoxe et de suspendre Ndingmour de l’exercice de son métier de journaliste au Cameroun pour une période de deux mois.

Une autre journaliste d’Equinoxe TV, Fangwa Duval, a également été sanctionnée. Il s’agit de l’affaire engagée par le Conseil national de la communication (CNC) contre ledit journaliste et le directeur général d’Equinoxe.

Cette affaire fait suite à la diffusion de propos injurieux et offensants constitutifs d’un discours de haine à l’encontre d’un citoyen camerounais lors de l’émission « Droit de réponse » présentée le 2 mars 2025.

Après avoir établi la responsabilité de l’organe de presse mis en cause et du présentateur de l’émission pour manquement à la modération de l’émission, le Conseil a décidé d’adresser un avertissement formel au directeur général d’Equinox TV et de suspendre Fangwa Duval pour une période de deux mois.

Le CNC a également suspendu la diffusion de l’émission « Droit de Réponse » pour une durée d’un mois.

La quatrième affaire opposait le directeur général du Port autonome de Douala (PAD), Ngo’o Cyrus, à la presse écrite « Premier Heure », à son directeur de publication et à un journaliste, Alain Moukouta.

Le plaignant a déposé plainte auprès du Conseil suite à la publication, dans les numéros 397, 403 et 404, d’accusations infondées susceptibles de porter atteinte à sa dignité et à sa réputation.

Le Conseil a indiqué que ces accusations impliquaient Cyrus Ngo’o dans divers actes de malversations et scandales financiers dans la gestion de l’autorité portuaire dont il avait la charge.

Le Conseil a décidé de suspendre Jeremy Balako de ses fonctions de directeur de publication et de l’empêcher d’exercer la profession de journaliste au Cameroun pour une durée de deux mois. Moukouta et la presse écrite ont également subi le même sort.

Le CNC a également examiné l’affaire opposant un sous-officier supérieur de la Gendarmerie nationale, Mbani Antole, à la presse écrite La Primeur Infos et à son directeur de publication.

Le CNC a indiqué que le plaignant avait déposé plainte suite à la publication en première page du numéro 174 du journal d’informations infondées l’accusant d’actes illégaux, violents et répréhensibles dans l’exercice de ses fonctions.

Le CNC a indiqué à la presse que suite au refus du directeur de publication de La Primeur Infos de se déférer à la convocation du conseil, malgré la notification par huissier, le conseil, ayant établi sa responsabilité pour entrave à l’exécution de sa mission, a décidé de suspendre la presse écrite et le directeur de publication, François Bessala, de leurs fonctions et de l’empêcher d’exercer le journalisme dans le pays pour une période de deux mois chacun.

Le CNC a également statué sur une autre affaire qu’elle avait engagée contre Info TV, son directeur général et l’un des journalistes de la chaîne, Parfait Ayissi. L’affaire faisait suite à la diffusion de l’émission « Libre Expression » du 23 février, présentée par Parfait Ayissi.

Le CNC a expliqué que l’émission contenait des « propos litigieux » mettant en cause des personnalités de l’histoire du Cameroun, soutenant des positions séditieuses contre les institutions républicaines et suggérant la possibilité d’actions de déstabilisation illégales.

Après un examen approfondi du dossier, le CNC a décidé de suspendre Parfait Ayissi pour une période d’un mois pour manque de modération adéquate de la diffusion de l’émission.

L’émission a également été suspendue pour une période d’un mois et le directeur général d’Info TV a, pour sa part, reçu un avertissement formel.

Dans une autre affaire engagée par le CNC contre My Media Prime TV, son directeur général et le journaliste Tchokoga Silvain, pour des propos offensants susceptibles d’inciter à la haine et à la stigmatisation d’une communauté ethnique, présentés lors de l’émission Vitrine 237, le Conseil n’a pas fait preuve de clémence.

Tchokoga a été suspendu de l’exercice de sa profession de journaliste au Cameroun pour une période d’un mois, tandis que la diffusion de l’émission a également été suspendue pour la même période. Le directeur général de My Media Prime TV a reçu un avertissement formel.

L’affaire opposant Bikoe Eloundou Lucien à la radio communautaire Mvila, son directeur et un journaliste de ladite radio, Barry Dong Vernest, est la seule à avoir été classée sans suite.

Le plaignant, selon le CNC, a déposé une plainte auprès du Conseil contre la radio susmentionnée pour interprétation erronée de certains faits concernant le retour du chef de l’État au Cameroun en octobre 2024.

Bien que l’affaire ait été classée sans suite, le CNC a constaté que la radio traite des informations politiquement sensibles qui ne relèvent pas du statut et des missions des radios communautaires.

Le Conseil a adressé un avertissement formel au directeur de la station, Kouhalama Kouhouatila, et à Dong Vernest.

Avertissement sur le choix des invités

Le patron du CNC a saisi l’occasion pour attirer l’attention des propriétaires et directeurs généraux de médias, ainsi que des éditeurs, sur les implications de la présence continue de certains intervenants, dont les propos, selon eux, véhiculent des tendances clivantes. Selon le CNC, ces mesures pourraient engendrer ce qu’elle a qualifié de graves conséquences sociopolitiques dans le contexte sensible de notre pays.

Le conseil les a exhortés à faire preuve d’une plus grande responsabilité dans la sélection des intervenants et à accorder une attention particulière à la coordination des programmes interactifs.

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