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Recouvrement des frais de visa au Cameroun : une nouvelle stratégie gouvernementale pour renforcer la collecte des recettes

Le gouvernement camerounais a récemment annoncé une nouvelle stratégie visant à renforcer la collecte des recettes provenant des frais de visa de travail imposés aux travailleurs étrangers. Cette mesure, inscrite dans la loi de finance 2023, a fixé le prélèvement à l’équivalent de deux mois de salaire brut pour les travailleurs non africains et à l’équivalent d’un mois de salaire brut pour les travailleurs africains, avec un abattement de 50%.

Cependant, malgré cette disposition, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) n’a pu recouvrer que 28% des recettes ciblées pour l’exercice précédent, atteignant seulement 4 milliards de Fcfa sur les 14 milliards prévus. Face à ces résultats en deçà des attentes, le gouvernement a décidé de mettre en place une nouvelle structure, un fichier centralisé qui répertorie l’ensemble des étrangers résidant dans le pays.

Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a déclaré lors d’une intervention à la télévision nationale : « Il faut mettre en place un fichier qui renseigne sur l’ensemble des étrangers qui résident dans notre pays. C’est pour ça donc que le gouvernement a pris la décision de mettre en place cette structure-là, un cocontractant, un expert qui pendant trois ans, doit nous dire le nombre des étrangers, dire quelle est leurs origines, leur capital savoir leurs salaires. »

Bien que cette initiative suscite un certain optimisme, sa mise en œuvre effective et la réalisation des résultats escomptés restent cruciales. Tout au long de l’année précédente, le Minefop a lancé plusieurs avertissements aux entreprises employant une main-d’œuvre étrangère irrégulière, menaçant même d’expulsion à partir de juin, mais ces avertissements n’ont pas été appliqués sur le terrain.

Selon des sources internes, le Minefop vise une collecte de 20 milliards de Fcfa au cours de l’année 2024, cherchant ainsi à optimiser la mobilisation des recettes. Le ministre, qui avait exprimé des préoccupations logistiques en juillet 2023, assure maintenant que toutes les dispositions nécessaires ont été prises, avec l’acquisition de plus de 10 véhicules et de tous les équipements nécessaires.

Il est à noter que le patronat camerounais avait plaidé en novembre dernier pour la révision de cette mesure, soulignant des difficultés d’application susceptibles de décourager les investisseurs. Cependant, le gouvernement maintient que le prélèvement au titre des frais de visa de travail demeure essentiel, avec l’ambition d’utiliser ces recettes pour renforcer la formation professionnelle, y compris la transformation de 288 sections artisanales rurales et sections ménagères en centres de formation aux métiers ultramodernes.

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