Le Chef de l’État a mis fin à 12 jours de vacance à la tête de la haute juridiction. Par Décret N° 2026/334 signé ce vendredi 16 octobre 2026 à Yaoundé, le Président de la République, Paul Biya, a nommé Monsieur NAMA Rémy, Président du Conseil Constitutionnel.
Cette nomination intervient suite au décès de Clément Atangana, survenu le 4 octobre 2026 à l’Hôpital Américain de Paris à l’âge de 85 ans. Après le décès, l’intérim avait été assuré depuis le 7 octobre par le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d’âge de l’institution, âgé de 86 ans.
Selon nos informations, ce décret s’accompagne du Décret N° 2026/333 du même jour portant nomination de deux membres du Conseil Constitutionnel, dont Abdoulaye Daouda.
Magistrat et haut fonctionnaire issu du Secrétariat Général de la Présidence de la République, Rémy Nama devient ainsi le deuxième Président de l’histoire du Conseil Constitutionnel depuis son installation effective le 7 février 2018.
Nama Rémy, le nouveau Président du Conseil Constitutionnel, n’est pas un inconnu à Etoudi. Magistrat de formation, c’est un pur produit de l’appareil d’Etat camerounais.
Son CV parle pour lui : Chargé de mission à la Présidence de la République, puis Conseiller chargé des affaires juridiques au Secrétariat Général de la Présidence. En clair, c’est l’un de ceux qui ont relu, corrigé et sécurisé juridiquement les plus gros dossiers de l’Etat ces dernières années.
Autre casquette moins connue : Représentant de la Présidence au Conseil d’Administration du Matgénie (Parc National de Matériel de Génie Civil). Un poste technique qui montre son profil : gestion des structures publiques, contrôle, dossiers lourds.
Pour les journalistes, son nom n’est pas nouveau. Il revient depuis des années dans les coulisses des grands dossiers administratifs du pays, dont le Port Autonome de Douala. Pas comme mis en cause, mais comme l’homme que l’on appelle quand un dossier devient sensible juridiquement.
Avec lui, Paul Biya ne nomme pas un juge venu de l’extérieur. Il nomme un homme qui connaît la machine de l’intérieur. Un gardien du système, pas un arbitre venu d’ailleurs.
Pour certains, c’est la garantie de la continuité et de la compétence. Pour d’autres, c’est la preuve que le Conseil Constitutionnel restera verrouillé par Etoudi.

