Le chef de l’opposition Maurice Kamto a attaqué les Nations Unies, les accusant de complicité avec une « dictature qui écrase le peuple camerounais » après le rejet de sa candidature à la présidentielle par le Conseil constitutionnel le 5 août.
Cette décision, qui confirme une précédente disqualification prononcée par Élections Cameroun (ELECAM) le 26 juillet, a alimenté les accusations de M. Kamto selon lesquelles le processus électoral serait truqué et orchestré par le régime au pouvoir du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).
Il affirme que ces agissements se déroulent avec le soutien international de l’ONU.
« La communauté internationale, notamment les Nations Unies, qui ont signé une convention secrète avec ELECAM le 9 mai 2025, prétendument pour garantir la transparence de l’élection présidentielle de 2025, vous a trahi », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée le 7 août.
« Cette communauté internationale a choisi de s’allier à la dictature qui écrase le peuple camerounais, sans se soucier du crime politique du régime du RDPC contre notre peuple ; au contraire, elle s’est assise sur les valeurs qu’elle prétend promouvoir et défendre. »
La candidature de Kamto, figure emblématique et ancien chef du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), soutenue par le Mouvement africain pour une nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), a été rejetée malgré les recours judiciaires.
Il accuse le RDPC d’avoir fabriqué une candidature concurrente du MANIDEM pour justifier son exclusion par une « pluralité d’investitures » artificielle.
« La décision de m’exclure de l’élection présidentielle de 2025 a été prise il y a longtemps par le régime RDPC », a déclaré Maurice Kamto, liant cette décision au boycott des élections législatives et municipales de 2020 par le MRC.
« Le régime voulait détruire le MRC par ces élections et ne nous a jamais pardonné d’avoir échappé à ce piège politique. »
La disqualification du MRC repose sur une clause de procédure du Code électoral qui exige que les partis aient des représentants élus, un obstacle auquel Kamto s’est heurté avant de rejoindre le MANIDEM.
Son équipe a présenté des preuves au Conseil constitutionnel le 4 août, arguant que le deuxième candidat du MANIDEM, Dieudonné Yebga, était une « imposture », mais le Conseil a jugé son recours « infondé ».
Kamto pointe désormais du doigt l’accord secret ONU-ELECAM signé le 9 mai 2025, destiné à garantir la transparence électorale, comme une trahison.
« La communauté internationale, notamment les Nations Unies… vous a trahis », a-t-il déclaré.
Il a également affirmé que l’ONU avait ignoré le « crime politique » du RDPC contre les Camerounais en s’alignant sur le régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 42 ans.
Cette accusation intervient dans un climat politique instable. La décision du 5 août a coïncidé avec un renforcement des mesures de sécurité à Yaoundé, où la police a arrêté des dizaines de personnes soupçonnées d’être des partisans de Kamto le 4 août.
Human Rights Watch et d’autres organisations ont exprimé des inquiétudes quant à l’intégrité électorale, renforçant ainsi le discours de Kamto.
Il cite également le report des élections législatives et municipales de février 2025 à mars 2026 – perçu comme une tactique visant à bloquer la représentation du MRC – comme preuve d’une stratégie préméditée.
« Le régime du RDPC organise depuis plusieurs mois de faux débats sur la nullité du mandat impératif pour démontrer que malgré cela, le MRC ne serait pas en mesure de présenter des candidats sous sa bannière », a-t-il noté.
Sans se laisser décourager, Kamto a remercié ses alliés, comme Anicet Georges Ekane du MANIDEM et Jean-Michel Nintcheu, coordinateur du FCC, tout en annonçant la clôture de sa campagne de financement du 30 janvier 2025, promettant des remboursements en raison de son arrêt brutal.
« Je suis debout, je resterai à vos côtés, la lutte continue », a-t-il déclaré.
À l’approche des élections du 12 octobre, la revendication de complicité de l’ONU par Kamto pourrait rallier les forces de l’opposition, même si ses recours juridiques semblent épuisés.







