Il est courant de parler de sécheresse en été, cela l’est moins en hiver. Dans le Lot, la situation reste compliquée, la préfecture et les professionnels sont en alerte.
Dès les premières gouttes tombées, le Lot se sentait déjà mieux. Cependant, la partie est loin d’être gagnée sur le front de la sécheresse. Et le sort des rivières reste entre les mains du ciel, ou plutôt de ses précipitations… Si bien qu’aujourd’hui un comité opérationnel coordonné par la DTT et la préfecture du Lot est prévu.
« Habituellement, nous mettons en place notre vigilance fluviale plus tard dans la saison, généralement au cours du mois d’avril. Mais les observations des ressources sont préoccupantes », pointe Jean-Pascal Lebreton, directeur de la DDT du Lot.
Si aucune mesure de restriction n’a été prise pour le moment sur le territoire, les relevés de début mars n’étaient pas encourageants.
Sur le Célé soumis au captage d’eau potable, le débit reste faible. « En février, note Bernard Laborie, président du syndicat mixte, le débit moyen était de 5,24 m3/seconde, contre 18,60 en février 2022 ».
Sur le Lot, en début de semaine, le niveau d’eau restait bas pour la saison.
Enfin, les précipitations ont fait leurs premières apparitions la semaine dernière, totalisant près de 70 mm à Figeacois notamment, à un moment où les autorités départementales n’excluaient pas de prendre des décisions plus restrictives sur les captages. C’est ce que nous a indiqué la préfecture du Lot vendredi : « Les recharges hivernales naturelles n’ont pas eu lieu, les niveaux étaient jusqu’alors extrêmement bas sur certaines rivières. Cet inventaire d’une vingtaine de périmètres observés, nous le dressons généralement entre avril et juin, pas dès mars. Sur le Lot et la Dordogne, le niveau des réserves en amont varie de moyen à faible, avec 60 à 70 % de remplissage. Ces tensions dans le Lot sont préoccupantes ».
« Nos rivières ont eu une réponse assez forte à ces pluies »
C’est l’analyse également partagée par le Syndicat Mixte de la Dordogne Moyenne et de la Cère Aval (SMDMCA), dont Thomas Etien, le technicien de la rivière suit de près le développement. « Les débits d’eau sont insuffisants depuis un certain temps. Nous avons un à deux mois d’avance sur l’étiage, par rapport aux années précédentes. Si nous devons arriver en période estivale avec ces flux, nous allons vivre une situation que nous avons rarement connue. Il faut que les pluies tombent au printemps, sinon ce sera catastrophique », prévient le technicien fluvial.
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