Au sortir d’une audience avec le président Paul Biya, ce 19 juin 2023, le secrétaire général de la présidence de la République du Tchad, Gali Ngothé Gatta, émissaire du président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a indiqué avoir sollicité les « conseils » du chef de l’Etat camerounais pour « nous permettre une bonne cogestion (du pipeline Tchad-Cameroun, NDLR) et une avancée qui ne permette plus les dissensions que nous avons connues dans le passé ».
En d’autres termes, N’Djamena souhaite s’associer à Yaoundé pour la gestion de la Cameroon Oil Transportation Company (Cotco), société en charge de l’exploitation de la partie camerounaise de l’oléoduc par lequel le Tchad exporte son pétrole.
« En leur qualité d’actionnaires majoritaires de Cotco SA, la République du Tchad et la SHT (Société des hydrocarbures du Tchad) prennent les mesures nécessaires, en consultation avec les autorités camerounaises, afin qu’un nouveau directeur général soit nommé dans les meilleurs délais par le Conseil d’administration de Cotco SA », indiquait déjà le ministère tchadien des Hydrocarbures dans un communiqué signé le 2 juin 2023.
Pour l’instant, le Tchad détient 53,77% et le Cameroun 5,17% de Cotoco. Mais, pour obtenir la validation de sa transaction avec le Malaisien Petronas, qui a permis au pays de porter sa participation au niveau actuel, le Tchad a notamment pris l’engagement devant la commission de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée équatoriale), de rétrocéder à la Société nationale des hydrocarbure (SNH), bras séculier de l’État du Cameroun dans l’exploration et l’exploitation pétro-gazière, une partie de ses actions dans Cotco.
Dans une lettre confidentielle adressée le 2 juin 2023 au ministre tchadien des Hydrocarbures par l’administrateur directeur général de la SNH, Adolphe Moudiki, on a appris que le Cameroun réclame la rétrocession de 20% des 53,77% des actifs détenus actuellement par le Tchad dans le capital social de Cotco.
Un tel scénario devrait permettre au Cameroun de détenir 25,17% (la transaction avec Savannah Energy étant gelée) des parts de Cotco, contre 33,77% pour le Tchad et, en principe, 41,06% pour Savannah Energy. Ce qui correspond à la volonté toujours exprimée par Yaoundé « d’augmenter significativement sa participation dans Cotco ». Mais, ce schéma oblige N’Djamena à s’associer à Yaoundé, au risque de voir son ennemi Savannah Energy prendre le contrôle de la société.
Avenir incertain pour Savannah
Pour mettre un terme à la crise diplomatique avec son voisin, le Cameroun affiche depuis plusieurs semaines son soutien au Tchad. Yaoundé a d’abord levé le véto contre l’acquisition par la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) des actifs de la major malaisienne Petronas. Ce qui permet au Tchad de devenir actionnaire majoritaire de Cotco avec… […]Lire la suite

