Pierre Nenkoungang Wamba : « Canal+ doit baisser le coût minimal des images à 2000f/mois »

Cameroun Actuel
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Dans le sciage de la défense des droits des consommateurs, et en tant qu’acteur de la société civile, Pierre Nenkoungang Wamba, président de la Ligue nationale des consommateurs du Cameroun (Lncc) dans un entretien avec le messager, donne son avis sur les différents sujets brulants de l’heure : entre autre la téléphonie mobile, la distribution des images télévisuelles par satellite, l’énergie électrique.

Monsieur le président, l’actualité est en ce moment est marquée par les activistes et les influenceurs des réseaux sociaux qui ont lancé depuis la semaine dernière le mot d’ordre de boycott de deux opérateurs de téléphonie mobile ; mot d’ordre de boycott qui consiste à mettre le téléphone mobile en mode avion entre 12 à 14 heures. Le débrayage semble avoir porté ses fruits puisque le ministre des Postes et télécommunications a illico presto convoqué une réunion de concertation avec les différents acteurs et l’Agence de régulation, et les premières mesures sont annoncées : quel est votre sentiment à ce propos ?

Merci à cette question très préoccupante de l’heure. Il faut dire que c’est bien nous à la Ligue nationale des consommateurs du Cameroun qui avons initié le mode avion. Ce débrayage a été implémenté par rapport à l’expérience vue en côte d’Ivoire. Il se trouve alors qu’Orange n’applique le même tarif appliqué en France qu’ici chez nous.

A peine vous avez acheté un crédit internet pour une semaine, deux jours après on vous fait savoir que votre forfait est épuisé. A la Ligue nationale des consommateurs nous recevons chaque jour des milliers de plaintes dans ce sens. Il nous revenait alors d’initier le mode avion dans un premier temps, pour les amener à plier l’échine. Ces opérateurs ont corrompu toute la chaine de l’administration impliquée dans le contrôle de ce service publique, avec le Minpostel y compris.

Parmi les associations de défense des droits des consommateurs, nous avons vu l’action quelque peu biaisée de Delors Magellan Kamsu Kamngaing de la Ligue camerounaise des consommateurs (Lcc) auprès d’Orange Cameroun. Nous nous sommes vus dans l’obligation de faire cette sortie afin remettre les pendules à leur place, pour dire que la Ligue nationale des consommateurs ne joue pas à ce jeu malsain qui consiste à dealer avec les opérateurs.

Et nos actions iront plus loin, jusqu’à ce qu’Orange et Mtn respectent les consommateurs en pratiquant les mêmes tarifs que ceux pratiqués en France ou en Afrique du Sud, sinon moins. Vous allez également remarquer c’est en Afrique noir francophone que cela se passe, et vous avez observé que la rencontre entre la ministre et les opérateurs s’est déroulée en l’absence des médias, et comme je vous l’ai dit, toutes les administrations concernées par les télécommunications sont mouillées. Pourtant l’Art a été créé par le chef de l’Etat pour voir clair dans cette affaire. La Lncc vient porter ce com- bat pour soutenir l’Art pour qu’enfin nos droits soient respectés.

Un autre service qui fait problème dans notre pays, c’est la distribution des images de télévision par satellite. Il se trouve qu’un opérateur a le monopole pour cette activité au Cameroun. Quel est votre sentiment ?

Sur la base des informations reçues de nos compatriotes de la diaspora, les consommateurs des images se plaignent de la cherté des services fournis par l’unique opérateur qu’est Cana+. Nous souhaitons le loyer minimal des images baisse à 2000 Fcfa le mois. Le Cameroun compte environ de 7 millions d’abonnés des images par satellite ; et si chaque consommateur paie 2000f/mois, cela donne 14 milliards en un mois, soit 168 milliards par an qui sont ainsi collectés et rapatriés en France.

Aucune situation de monopole ne peut être favorable aux consommateurs dans un pays comme le nôtre. Nous implorons au ministre d’ouvrir le champ à la concurrence afin qu’il y ait d’autres opérateurs dans le secteur des images de télévision, et que si Cana+ veut continuer à opérer seule, qu’elle baisse le coût à 2000f/mois.

Les soucis de l’énergie électrique au Cameroun, est-ce également une préoccupation pour vous ?

Comment comprendre que dans un pays où le chef de l’Etat a fait construit des barrages, Lom Pangar, Mem’vele, Mékin, Nachtigal avec des dettes contractées, Natchtigal et celui de Lagdo qui se meurt, les délestages ne s’expliquent pas. C’est la mauvaise gouvernance de la part du ministre qui passe son temps à faire des discours et l’on ne voit rien évoluer.

Les populations croupissent sous le poids de l’obscurité, il y a des familles entières qui sont éclairées une fois la semaine, d’autres le sont une seule fois le mois. Les industries ne fonctionnent pas à leur optimum par manque d’énergie électrique ; à l’hôpital les bébés meurent dans les couveuses pour cause de coupure d’énergie électrique ; les malades en cours d’inter- vention chirurgicale meurent parce qu’une fois le courant partie, le groupe électrogène parfois tarde à démarrer.

Dans la chai- ne des structures en charge de l’électricité au Cameroun, nous avons Electricité du Cameroun (Edc) qui gère les barrages, que fait-elle ? Rien. Ce sont les sociétés de l’inertie. Il y a l’Arsel qui est l’énergie électrique ce que l’Art est à la téléphonie mobile. Enéo ne fait pas les investissements. Elle est là pour commercialiser l’électricité, aucun effort n’est fait pour la fin des délestages, Enéo est là pour puiser l’argent des camerounais sur les installations mises en place depuis la défunte Sonel.

Il est donc temps de revoir le contrat avec cette entreprise et si possible la faire partir, installer un distributeur de l’énergie par région, pour éviter les situations de monopole. La Sonatrel fait un travail qui est dilué dans l’inefficacité d’Enéo.

Propos recueillis par Rodrigue TCHOKOUAHA (Le Messager)

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