Le groupe Editis s’apprête-t-il à trouver un pire propriétaire que Vincent Bolloré ? Racheté par le milliardaire breton en 2019, le géant de l’édition, maison mère des marques Nathan, Le Robert, Plon, Robert Laffont ou encore Le Cherche-Midi, aiguise désormais l’appétit d’un autre magnat, Pierre-Édouard Stérin. C’est son offre de reprise, en association avec Stéphane Courbit, de l’empire multimédia Banijay, et Daniel Kretinsky, déjà propriétaire de « Elle » et « Marianne », qui aurait les meilleures chances de remporter le pari. Le Français de 49 ans, exilé fiscal en Belgique depuis l’élection du « gauchiste » François Hollande, gère un fonds d’investissement de 1,2 milliard d’euros et doit notamment sa fortune à la société des coffrets cadeaux Smartbox.
Mais ce sont surtout ses opinions politiques et ses associations qui inquiètent. Inconnu du grand public, Stérin, qui se dit aussi défavorable à toute intervention de l’État dans l’économie, organise régulièrement des soirées parisiennes « philanthropiques », où se côtoient le petit monde de l’extrême droite et la droite catholique. , de Bruno Retailleau à Marion Maréchal en passant par Éric Zemmour. Lui-même évangélique assumé, Pierre-Édouard Stérin assure ne pas savoir pour l’instant à quel saint réactionnaire se vouer, lui qui espère le plus sérieusement être canonisé à la fin de sa vie. Comme lors du rachat par Bolloré, l’inquiétude monte chez Editis sur le projet éditorial, alors que le groupe réalise l’essentiel de ses revenus grâce à la vente de manuels scolaires. Interrogé dans « L’Express » à ce sujet, l’intéressé a rétorqué que changer le contenu des manuels serait un « suicide commercial », car « les enseignants sont majoritairement de gauche ». Que la sainte rentabilité nous protège…
Grb2
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