Palestine. « Une troisième intifada éclatera tôt ou tard »

Cameroun Actuel
4 Min Read

Jérusalem-Est, Ramallah, Naplouse, Jénine (territoires palestiniens occupés), envoyé spécial.

Le camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est n’a pas vraiment de couleur. Une expression qui peut sembler étrange mais c’est pourtant le sentiment qui frappe l’esprit et s’imprime sur la rétine. Murs gris et tristes, rues défoncées et embouteillages rendus encore plus insupportables pour les piétons par la prolifération des motos et autres scooters électriques.

Les haut-parleurs des vendeurs de fruits et légumes crachent leurs messages enregistrés en boucle, qui se mêlent au bruit rauque des moteurs. La vieille ville de Jérusalem et l’esplanade des mosquées ne sont pas loin. Il fut un temps où les habitants du camp pouvaient s’y rendre à leur guise. Chose impossible aujourd’hui.

Les projets de colonisation du gouvernement israélien ont relégué des pans entiers de l’ancien gouvernorat de Jérusalem en Cisjordanie, réduisant encore le pourcentage de Palestiniens vivant dans la ville sainte. Dans le même temps, la colonisation de Jérusalem-Est augmente la population juive. Un vase ethno-religieux de Torricelli, en quelque sorte.

Il n’y a qu’un mot pour cette vie : enfer

Pour les Palestiniens, il n’y a qu’un mot pour cette vie : l’enfer. Zakaria, 30 ans, qui erre dans ce camp où il est né, ne dit rien d’autre : « C’est comme être un animal enfermé dans une cage. » Comme la plupart des jeunes ici, il n’a pas de travail régulier. « Nous vivons tous la même chose. »

Parler de révolte à Shuafat est un mot trop faible. C’est une combinaison de colère intense, d’espoir et de désespoir. Ainsi, lorsqu’en octobre 2022, Zakaria et ses amis ont appris qu’Oday Tamimi, 22 ans, qu’ils connaissaient si bien, avait mené une action devant la colonie israélienne de Maale Adumim, la réaction a été une explosion de joie.

Les forces d’occupation, à la recherche d’Oday Tamimi, envahissent le camp. « Ils ont arrêté tous ses proches, battu ses parents »se souvient Zakaria. « C’était devenu une zone de guerre. » Il s’est passé quelque chose d’incroyable qui devrait faire réfléchir les Israéliens mais aussi l’Autorité palestinienne.

Le mandat de perquisition délivré par l’armée indiquait qu’Oday avait le crâne rasé. Ni une ni deux, tous les jeunes du camp se sont aussi rasés la tête. Ils étaient tous Oday Tamimi. « Pour nous, c’est un héros »argumente avec admiration Zakaria. « Il a sacrifié sa vie pour exposer nos souffrances. Nous ne pouvons plus supporter ce qui se passe. » Oday a finalement été tué le 19 octobre 2022, mais sa mémoire flotte toujours dans le camp de Shuafat.

Les Palestiniens n’ont pas élu leurs représentants depuis… 2006

Depuis plusieurs mois, nous assistons à un changement d’atmosphère en Cisjordanie occupée. Les multiples attaques de colons armés contre des paysans palestiniens et les raids de l’armée ont…

Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com

Share This Article
Suivez les dernières nouvelles de dernière minute et les développements du Cameroun et du monde entier avec Cameroun Actuel. De la politique à l'économie et à l'environnement, des problèmes locaux aux événements nationaux et aux affaires mondiales, nous avons ce qu'il vous faut.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Activer les Notifications OK Non Merci