Le quotidien gouvernemental Cameroon tribune livre une chronique sur les récents événements litigieux entre les gendarmes et les populations.
Cameroon tribune a récemment produit une chronique sur la relation entre gendarmes et populations. Le quotidien gouvernemental affirme qu’il y a lieu d’aider cette relation à être au bon fixe. Notre confrère plaide pour les hommes en tenue et pour le rôle qu’ils jouent pour le bien-être des populations.
Retrouvez ci-dessous la chronique de Cameroon tribune.
Gendarmes et populations : un tandem à consolider
La chronique des faits divers met en exergue ces derniers temps des scènes de pugilat entre Camerounais. Face à ce comportement moyenâgeux et par réflexe, le public, avide de scandales, adopte l’attitude du spectateur, caméras au point, pour immortaliser ces scènes. Dans notre pays, c’est à qui donnera le coup de grâce, à qui assènera le coup mortel à son frère ennemi. En cas de bagarre généralisée, les plus chanceux peuvent avoir la vie sauve grâce à l’intervention des forces de maintien de l’ordre (police et gendarmerie). Encore que tout le monde ne craint plus ces forces. En effet, les cas sont légion où les forces de sécurité sont violemment prises à partie.
Dans un dérapage verbal d’une rare violence, certains agressent régulièrement les hommes en tenue. Le dernier clash en date met en scène un honnête citoyen et un gendarme sur la voie publique. Chacun se fera sa religion sur cette sortie, mais on n’oubliera pas de sitôt les actes d’intimidation, les dérapages verbaux de celui qui semblait être investi du droit divin sur cet homme en tenue. La scène, par quelque bout qu’on la prenne, est tout simplement gênante.
À partir d’un contrôle de routine sur barrage fixe, on a eu droit à tous les rappels sur la forme de l’État. Le gendarme ainsi rudoyé en a pris pour son grade. On lui a rappelé tout, sauf que lui aussi avait le droit de travailler sur la terre de ses aïeux. La vidéo, devenue virale, a choqué et la gravité des propos tenus par le responsable a certainement suscité l’indignation. Cette sortie malheureuse n’est pas un cas isolé.
Hélas ! On a aussi en mémoire des altercations épiques entre certains usagers de la route et les gendarmes sur divers axes routiers à travers le territoire national. Si ces rixes peuvent amuser le citoyen lambda, il convient de relever qu’elles ne renvoient pas une bonne image de notre pays. On ne le dira jamais assez, le Cameroun est un État de droit et en cas de préjudice, chaque citoyen peut se plaindre devant les instances compétentes. Prendre l’initiative de s’attaquer à un gendarme dans l’exercice de ses fonctions et couvrir par la même occasion toute la corporation d’opprobre est inutilement dangereux.
À travers ces colonnes, nous rappelons à ceux qui ont tendance à l’oublier que les gendarmes ne sont pas les ennemis de la population. Bien au contraire, ils sont déployés jusqu’aux confins de nos villages pour garantir protection et sécurité à tous les Camerounais. Disons-le en guise de rappel : les gendarmes font partie d’une force de première et deuxième catégorie au service de nos populations. Il est donc indécent, voire irresponsable, de fragiliser les éléments de la gendarmerie en faction sur nos routes, devant les bâtiments publics ou même en intervention en zone de conflit au nom du trafic d’influence. Le système des passe-droits ne doit pas toujours nous amener à franchir la ligne rouge. On ne va pas toujours attendre les mises en garde du haut commandement pour stopper cette dérive. Les populations doivent respecter l’uniforme et apporter toute la collaboration qui sied aux gendarmes sans chantage ou bravade.
Fort heureusement, il y a de bons citoyens qui aident les gendarmes à lutter contre le grand banditisme, le trafic des stupéfiants et à assurer des missions de sécurisation des personnes et des biens. Les scènes de chaos importées d’ailleurs ne doivent pas nous amener à nous tromper de cible. La gendarmerie, de par ses missions, assure à la fois répression et protection dans le cadre réglementaire. Nul ne peut, au gré de ses humeurs, impunément fragiliser cette force qui veille sur tous les Camerounais. Ceux qui, en cas de dérapage, gardent un silence complice face aux humiliations des gendarmes sur divers théâtres d’opérations ne rendent pas service à la nation. Le président de la République, chef des forces armées, n’a de cesse de féliciter les forces de défense et de sécurité, les gendarmes y compris, pour les efforts consentis, et souvent jusqu’au sacrifice suprême, pour protéger l’intégrité territoriale du Cameroun.
Pour cette haute appréciation, les citoyens qui prennent des libertés avec les gendarmes devraient au moins avoir des égards. Nous ne pouvons plus nous retrouver à l’état de nature en 2026 où la loi du plus fort est la meilleure. Il faut savoir mettre un terme à cette banalisation des institutions et de ceux qui les incarnent. Il est connu de tous que la peur du gendarme est le commencement de la sagesse. Il est souhaitable que dans nos habitudes au quotidien, on apprenne à nous conduire avec sagesse et dignité. Sans consolidation du tandem gendarmes-populations, la paix sociale peut vaciller. Et le chaos ne profite à personne.

