Ramallah (Cisjordanie occupée), envoyé spécial.
Les territoires palestiniens occupés et Israël sont-ils aujourd’hui dans une situation nouvelle ?
Oui, car le nouveau gouvernement extrémiste en place en Israël pense pouvoir forcer les Palestiniens à accepter la solution israélienne sans leur donner aucun de leurs droits. Cela rend la confrontation entre les deux parties plus forte qu’auparavant.
Dans le village de Huwara (en Cisjordanie, où des colons ont incendié des maisons, détruit des voitures et tué une personne le 26 février – NDLR), ils ont tenté de répéter la Nakba (« catastrophe », lorsque les Palestiniens ont été contraints de quitter leurs villages en 1948 – ndlr). C’est donc un moment crucial.
Dans le même temps, il y a une crise politique en Israël avec une forte opposition au gouvernement, non pas sur la politique envers les Palestiniens mais sur le rôle de la Cour suprême. L’administration américaine et l’Union européenne s’inquiètent pour ce gouvernement, mais elles ne font rien, n’essaient pas de faire pression, de mettre en place des sanctions ou de boycotter. Mais sans cela, rien ne changera.
L’objectif de la coalition au pouvoir en Israël reste l’annexion, le transfert des populations, le changement de statut sur l’esplanade des Mosquées, la confrontation militaire avec Gaza, peut-être la guerre avec le Hezbollah libanais et l’Iran. Ce gouvernement est dangereux pour les Juifs, pour les Palestiniens et pour toute la région.
Que faire alors que les jeunes essaient de trouver leur chemin ?
A mon avis, les Palestiniens doivent adopter une nouvelle approche, une nouvelle politique. La direction palestinienne répète les mêmes erreurs. Il pense notamment que les Américains ou une nouvelle élection en Israël peuvent changer la donne.
Cependant, depuis plus de quarante ans, la politique israélienne a viré à droite, en fait depuis 1977, lorsque le Likoud a remporté les élections pour la première fois dans l’histoire d’Israël. La gauche sioniste a quasiment disparu. Et on peut dire que cette droite actuelle n’est plus la même qu’avant, elle est plus extrémiste, plus proche des sionistes religieux.
Netanyahu a besoin de l’extrême droite, de Smotrich et de Ben-Gvir. Ils sont sur la même longueur d’onde. Ils voient clairement l’affaiblissement des pays arabes et pensent donc que le moment est venu d’aller jusqu’au bout.
La nouvelle génération de Palestiniens croit en la résistance. Mais les dirigeants palestiniens ne font pas ce qu’ils devraient faire. Et les partis non plus. Ils doivent se réformer, changer, cesser de se focaliser sur leurs propres intérêts plutôt que sur ceux du mouvement national.
C’est aussi vrai pour le Hamas, soit dit en passant, qui se contente de contrôler Gaza et d’utiliser la résistance pour soutenir son administration et non comme un outil de libération. Le prix de cette stratégie est lourd. Vous pouvez vous…

