Tôt ce mercredi matin, aux environs de 4 h, la permanence du RDPC de Mora est partie en fumée. Selon des témoins sur place, le feu s’est déclaré quelques heures seulement après une opération de démolition du marché central de Mora intervenue vers 3 h du matin.
Sur l’image, on peut voir l’ampleur des dégâts : la toiture en tôles s’est complètement effondrée, les murs sont noircis et l’intérieur du bâtiment est entièrement calciné. Aucune perte en vie humaine n’a été signalée pour le moment, mais les dégâts matériels sont considérables.
Deux hypothèses circulent actuellement dans la ville :
1. Un incendie accidentel provoqué par les opérations de démolition à proximité.
2. Un acte criminel volontaire.
Pour l’heure, les autorités administratives et les responsables locaux du parti ne se sont pas encore officiellement prononcés. Une enquête est attendue pour déterminer les causes exactes de cet incendie.
Dans un communiqué, L’association Horizon Justice et Citoyenneté condamne cet acte, quels qu’en soient les auteurs et les mobiles.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
HJC condamne avec la plus grande fermeté l’incendie de la permanence du RDPC à Mora.
L’association Horizon Justice et Citoyenneté (HJC) a appris avec stupeur et consternation que, dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 octobre 2026, aux premières heures de la matinée, la permanence du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) de la ville de Mora, chef-lieu du département du Mayo-Sava (Région de l’Extrême-Nord), a été la proie des flammes.
Les images qui circulent montrent un bâtiment entièrement embrasé, une toiture qui s’effondre, de hautes flammes et d’épais panaches de fumée. À ce stade, aucune perte en vie humaine n’est signalée, ce dont HJC se réjouit. Les causes et les circonstances exactes du sinistre restent à établir ; HJC les attend des conclusions de l’enquête en cours et s’interdit d’en désigner les auteurs.
HJC relève que, dans l’opinion, certains rapprochent cet incendie, d’une part, de l’opération de démolition de la partie restante de l’ancien marché de Mora, menée dans la même nuit, et, d’autre part, de l’arrêté n° 00163/A/MINAT du 27 octobre 2026 portant suspension du parti politique « Front pour le Salut National du Cameroun » (FSNC) pour une durée de trois mois. HJC n’accrédite aucun de ces rapprochements, qu’il appartient à la seule enquête de vérifier. Mais elle l’affirme sans détour : rien, absolument rien, dans l’une ou l’autre de ces situations, ne peut justifier ni excuser l’incendie d’un bien appartenant à un parti politique, quel qu’il soit.
En conséquence, HJC :
1. Condamne avec fermeté et sans réserve cet acte, quels qu’en soient les auteurs et les mobiles. Un incendie volontaire est une infraction pénale ; il ne saurait être un mode d’expression d’un mécontentement ni une réplique à une décision, qu’elle soit administrative ou politique.
2. Rappelle que toute décision de l’autorité, qu’il s’agisse d’une opération de démolition ou de la suspension d’un parti politique, peut être contestée par les voies légales (recours gracieux, recours hiérarchique, contentieux devant les juridictions compétentes). La violence ne fait pas partie de ces voies.
3. Demande aux autorités judiciaires et aux forces de maintien de l’ordre de conduire, sans délai, une enquête diligente, impartiale et transparente, d’identifier les auteurs, de les traduire devant la justice et d’en rendre publics les résultats, dans le respect de la présomption d’innocence.
4. Appelle les populations de Mora au calme, à la retenue et à la vigilance : pas de représailles, pas de justice populaire, pas de stigmatisation de personnes ou de communautés sur la base de simples rumeurs. Elle invite chacun à vérifier l’information avant de la partager sur les réseaux sociaux.
5. Invite la Commune, les commerçants, les partis politiques et les autorités administratives à privilégier le dialogue et la concertation. HJC reste disponible pour offrir ses bons offices à toute partie qui le souhaiterait.
6. Exprime sa solidarité aux militants et sympathisants du RDPC de Mora, ainsi qu’à toutes les personnes touchées par ces événements.
HJC réaffirme son attachement à l’État de droit, à la paix sociale, au pluralisme politique et au règlement pacifique des différends, et reste mobilisée pour la défense des droits et libertés de tous les citoyens.

