Après l’élimination de la Colombie face à la Suisse en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 (0-0, 3-4 aux tirs au but), Jaminton Campaz est la cible de menaces de mort. L’attaquant colombien, critiqué pour une occasion manquée en prolongation, a reçu le soutien de la Fédération colombienne de football, qui a fermement condamné ces actes.
Par Régis Belinga
La déception de l’élimination colombienne au Mondial 2026 a pris une tournure inquiétante. Depuis la défaite aux tirs au but contre la Suisse mardi soir en huitièmes de finale, Jaminton Campaz et plusieurs membres de sa famille sont la cible de menaces de mort sur les réseaux sociaux.
L’attaquant de 26 ans est particulièrement pointé du doigt pour une occasion manquée à la 115ᵉ minute de jeu, alors que la Colombie pouvait encore arracher sa qualification pour les quarts de finale. Face à la gravité de la situation, la Fédération colombienne de football (FCF) est rapidement montée au créneau.
Dans un communiqué publié vendredi 10 juillet, l’instance a condamné avec la plus grande fermeté les intimidations visant le joueur et ses proches. « La FCF rejette catégoriquement les menaces contre la vie et l’intégrité de Jaminton Campaz et de sa famille. Aucun sportif ne devrait être victime de violences ou d’intimidations pour avoir défendu les couleurs de son pays dans une compétition », a-t-elle déclaré.
La Fédération a également demandé aux autorités judiciaires colombiennes d’accélérer les investigations afin d’identifier les auteurs de ces menaces et de les traduire devant la justice.
De son côté, Jaminton Campaz a réagi sur ses réseaux sociaux en réaffirmant son attachement à la sélection nationale. Tout en reconnaissant la douleur provoquée par cette élimination, il a appelé au respect et à la retenue. « Nous pouvons avoir des opinions différentes, ressentir de la tristesse ou de la frustration, mais aucune passion ne justifie la haine ni la peur », a-t-il écrit.
Cette affaire ravive de douloureux souvenirs dans le football colombien. Lors du Mondial 2018, Carlos Sánchez, Mateus Uribe et Carlos Bacca avaient eux aussi été victimes de menaces après l’élimination de leur sélection. Plus tragiquement encore, le pays garde en mémoire le destin d’Andrés Escobar, assassiné à Medellín le 2 juillet 1994, quelques jours après avoir marqué un but contre son camp face aux États-Unis lors de la Coupe du monde. Sa mort demeure l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire du football mondial.

