Moïse Mbog : « la confusion autour de la vacance du pouvoir est financée »

Cameroun Actuel
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Le débat sur une éventuelle transition politique au Cameroun continue de diviser les acteurs de la scène publique.

Invité de l’émission Le Grand Débat sur Cam10 Television, Moïse Mbog a vivement critiqué les partisans d’une transition après la présidentielle du 12 octobre 2025, accusant certains intellectuels, acteurs de la société civile et responsables politiques d’entretenir volontairement la confusion.

« Aujourd’hui, les intellectuels, la société civile, la presse et les hommes politiques semblent financés pour verser dans tout, sauf dans l’ordre et la discipline.

Certains juristes viennent vous dire que l’élection présidentielle est passée il faut une transition. Pourtant, pendant cette période, ils [ 11 intellectuels – journal Liberation, ndlr] étaient tous cachés en brousse. Nous, nous étions au front, mais je ne les ai pas vus à part Akere Muna. Je n’ai pas vu les dix autres. Ils étaient cachés, terrés.

Maintenant, nous avons mouillé le maillot, nous avons lutté, nous nous sommes mis en danger. Certains ont même fui le pays et se sont réfugiés en Occident. Et aujourd’hui, ils viennent dire qu’il faut constater la vacance de la gouvernance.

La vacance du pouvoir au Cameroun est-elle encadrée ou non ? On a l’impression que certaines personnes entretiennent volontairement cette confusion. Mais je vous dis que c’est financé, parce qu’il y a un objectif derrière : entretenir la confusion.

Sur les plateaux de télévision, vous trouverez encore aujourd’hui des personnes qui semblent vouloir glorifier le chaos et le désordre.

Pourtant, il existe une manière républicaine d’organiser le pays. Dans ce même contexte de désordre, certains estiment que, dès lors que vous adoptez un discours républicain, cela signifie que vous avez déjà été acheté. Pour eux, un homme politique doit insulter et crier. S’il ne s’en prend pas violemment au régime, il n’a pas parlé de manière responsable », a déclaré Moise Mbog, consultant et homme politique camerounais.

Rappelons que le 6 octobre 2026, onze personnalités camerounaises issues notamment du journalisme, du monde académique, du droit, de la culture et de l’économie appellent à l’ouverture d’une « transition constitutionnelle » au Cameroun, dans un manifeste consacré à la succession présidentielle et à l’avenir institutionnel du pays.

Parmi les signataires figurent l’historien et politiste Achille Mbembe, l’avocat international Akere Muna, la journaliste et productrice Marie-Roger Biloa, les journalistes Georges Dougueli, Mimi Mefo et Haman Mana, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, l’expert en développement Eric Chinje, l’avocate Michele Sonia Ndoki, l’économiste Eugène Nyambal et le consultant international Gilbert Oloko.

Dans ce texte intitulé « L’impératif d’une transition constitutionnelle au Cameroun », les signataires affirment que le pays traverse une crise institutionnelle et demandent aux autorités compétentes de préparer les conditions d’une succession présidentielle qu’ils souhaitent « fiable », « constitutionnelle » et limitée dans le temps.

Les auteurs estiment que le Cameroun connaît une « vacance du pouvoir de fait », qu’ils attribuent notamment à la longévité de Paul Biya au pouvoir et à ses absences prolongées du territoire national.

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