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Maurice Kamto : l’autre fuite en avant

Maurice Kamto a convoqué la presse le 28 juillet dernier à l’effet d’inviter le président Paul Biya au strict respect du calendrier électoral.

Qui conseille donc Maurice Kamto ? Cette prise de parole franche- ‘tune au moment où la République rendait un hommage bien mérité au chairman Nji John Fru Ndi, a surpris plus d’un. Celui dont il fut le directeur de campagne à la présidentielle de 1992, a reçu l’hommage des personnalités politiques de tous bords.

Quelle mouche a donc piqué Maurice Kamto, de venir comme ça, dans un insubmersible délire mégalomaniaque, tenter de voler la vedette à Ni John Fru Ndi ? Cette sortie médiatique a été un flop. Elle jette une lumière crue sur un homme politique aux abois et psychologiquement instable.

Elle révèle les contradictions et les compromissions d’un politicien en mal de sensations fortes et qui paie cash les conséquences du boycott du double scrutin législatif et municipal de février 2020. Pour avoir pendant sept servi comme ministre délégué auprès du ministre de lajusticeje Pr Maurice Kamto, ne connaît que trop bien les méthodes du système. Paul Biya est souvent présenté comme le maître des horloges.

Quel intérêt aurait-il de tenir les législatives et municipales avant la présidentielle qui est considérée comme une élection majeure ? Rattrapé aujourd’hui par ses choix stratégiquement contre-produc- tifs, en proie à des dissensions internes et à une vague de défection et de radiation de ses militants les plus représentatifs, le Mrc se vide chaque jour de sa substance.

La dernière victime en date, Me Richard Tamfu, dont le seul péché est d’avoir, comme d’autres avant lui,voulu challenger Maurice Kamto lors de la convention de ce parti en décembre prochain. Il ne fait plus doute, le Mrc est une société secrète. Les adeptes doivent allégeance et soumission à un gourou. La dérive mégalomaniaque et autoritaire est doublée d’une dérive tribalo- communautaire.

Le Rdpc a tiré toutes les leçons de mars 1992 où les législatives étaient tenues avant la présidentielle. L’opposition avait alors fait un raz-de-marée.A la présidentielle qui s’en est suivie en octobre 1992, John Fru Ndi mettait en déroute le Rdpc dans ses bastions les plus imprenables. L’histoire nous dira le véritable vainqueur de cette présidentielle d’octobre 1992 le moment venu. Alorsquejohn Fru Ndi a payé cash les conséquences du boycott des législatives de 1992, personne n’a donc compris que Maurice Kamto ait répété la même bévue en 2020.

A défaut de faire adouber sa candidature à la présidentielle par un parti politique ayant des élu s, reste l’option d’une candidature indépendante, avec au moins 300 parrainages des députés, conseillers municipaux, chefs de premier et deuxième degré. Là encore, ce n’est pas une mince affaire ! Maurice Kamto, mieux que quiconque, connaît la théorie du Janus bicéphale de Maurice Duverger : “Ceux qui sont au pouvoir se battent pour s’y maintenir ; et ceux qui ne sont pas au pouvoir, se battent pour y accéder.”

La politique c’est donc la manœuvre. Ce n’est pas à un professeur agrégé de droit qu’on l’apprendrait. Sauf coup de théâtre, les législatives et les municipales se tiendront après la présidentielle. Maurice Kamto n’a qu’à s’en prendre à lui-même.

L’Indépendant

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