Le journaliste sportif camerounais Martin Camus Mimb a vivement réagi au limogeage d’Émerse Faé de la tête de la sélection nationale de Côte d’Ivoire. Dans une tribune largement relayée sur les réseaux sociaux, il estime que l’ancien sélectionneur paie avant tout le fait d’être un entraîneur africain, malgré un bilan qu’il juge historique.
Selon Martin Camus Mimb, Émerse Faé a obtenu des résultats que plusieurs techniciens étrangers passés sur le banc des Éléphants n’ont jamais atteints. Il rappelle que, sur les trois titres de champion d’Afrique remportés par la Côte d’Ivoire, deux l’ont été sous la direction d’entraîneurs nationaux, contre un seul sous la conduite d’un sélectionneur expatrié.
Le journaliste souligne également que le technicien ivoirien a signé, selon lui, la meilleure performance de l’histoire de la sélection à la Coupe du monde. Dès lors, il s’interroge sur les raisons de son éviction.
Lire la sortie de Martin Camus Mimb :
« Sur les trois trophées de CAN que compte la Côte d’Ivoire, deux ont été gagnés par des entraîneurs locaux et un seul par un expatrié qui a été aidé par le destin de tomber sur une génération dorée. L’entraîneur qui a réalisé la meilleure performance de l’histoire avec la sélection ivoirienne est celui qui vient d’être limogé, quelques mois après avoir accompli ce que personne avant lui n’avait réalisé à la Coupe du monde avec cette sélection. Quel est donc son crime ? Être simplement Ivoirien. Une viande facilement comestible par les fauves de sa forêt.
Parce que c’est ainsi l’Afrique. Elle a de l’appétit pour les viandes de son cheptel. Elle les envoie à l’abattoir avec une incroyable facilité, parfois pour l’accueil des viandes étrangères moins prisées et en état de putréfaction dans leurs carrières respectives. Erikson, Henri Michel, Sabri Lamouchi ont tous été en Coupe du monde et personne n’a fait mieux que Faé. Renard a été là-bas, il n’a même pas pu obtenir une qualification. Il est parti aussitôt que les sirènes lilloises avaient retenti. Quel est donc le crime de Faé ? Je répète que c’est parce qu’il est Ivoirien, il est africain.
Attention ! Je n’écris pas un hymne à la gloire de la fainéantise de certaines nationalisations de postes, cache-sexe d’un nationalisme de dimanche et qui couvre autant d’incompétences que de copinages. Mais lorsqu’un Africain a fait le résultat qu’on tolère aux expatriés avec les honneurs en plus, il faut plus d’élégance dans les séparations. Les Africains aiment le sang des leurs, à l’autel des sacrifices.
La plupart des sélectionneurs expatriés qui accompagnent depuis des lustres des sélections africaines au mondial, rentrent plus bredouilles et sont payés triplement que Fae qui a fait mieux. On n’aura nos Ferguson, Mourinho et Guardiola, qu’en augmentant le volume de la tolérance et de la patience. Jurisprudence Aliou Cissé. Augustin Senghor l’a rendu grand au bout d’une patience presque suicidaire. Aujourd’hui, il est une référence.
J’entends dire comme reproche principal que Faé avait des proches impliqués dans le management de certains joueurs de la sélection. Il a même maquillé. Tous les entraîneurs expatriés qui viennent en Afrique, sont des agents de joueurs. Claude Leroy au Cameroun a envoyé des joueurs à Laval, Strasbourg et autre Monaco. Il reste le chouchou des politiques africaines. Leguen avait Ribeiro dans ses valises. Les Renard et autres font la même intermediation.
La faute commune ne crée pas le droit. Mais les résultats doivent atténuer ces considérations. Sur les questions de parcours, toutes les équipes africaines ont joué à leur niveau. Il y a même eu dépassement de fonction, pour arriver au second tour avec des joueurs qui évoluent dans les championnats de seconde zone. La fédération a le droit de limoger ses employés. C’est la chaîne des raisons et des justifications qui donne le mal de tête. Émerse a failli… Emerse est fâché !
Martin Camus MIMB »

