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Liberté sous caution : le cas Bruno Bidjang révele un malaise profond, selon une lettre citoyenne

Une lettre ouverte signée par le citoyen Jean Claude Mbede Fouda ravive les tensions autour du traitement judiciaire réservé à Bruno François Bidjang, placé en liberté sous caution alors qu’il fait face à plusieurs accusations graves.

Dans son courrier adressé au commissaire du Gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé, l’auteur exprime la « profonde inquiétude » d’une partie de la population face à ce qu’il décrit comme un décalage grandissant entre le discours officiel sur l’équité judiciaire et la réalité observée dans cette affaire emblématique.

Lettre ouverte au commissaire du Gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé

Objet : Situation judiciaire du prévenu Bruno François Bidjang, en liberté sous caution, et l’exigence de justice et de transparence du peuple camerounais.

Par Jean Claude Mbede Fouda, citoyen

Monsieur le Commissaire du Gouvernement,

Je vous adresse cette lettre ouverte en ma qualité de citoyen camerounais, Jean Claude Mbede Fouda, pour exprimer l’inquiétude profonde et légitime du peuple camerounais concernant la situation judiciaire du prévenu Bruno Bidjang.

Ce dernier est poursuivi par votre juridiction militaire pour des faits d’une gravité exceptionnelle, notamment :

  • L’accusation de complicité dans le meurtre du jeune Bryan Fombor, en lien avec l’épouse du prévenu, Yvanna Essomba.
  • La garde à vue dont il a fait l’objet dans le cadre de l’enquête sur le meurtre sauvage du journaliste Martinez Zogo.

Le peuple camerounais observe avec une consternation grandissante la liberté sous caution accordée à Monsieur Bidjang, qui, de surcroît, est perçu comme gérant les affaires de son patron, lui-même actuellement incarcéré en tant que principal accusé présumé dans l’affaire Martinez Zogo. Ce patron est décrit comme un ultra-milliardaire servant de prête-nom à de nombreux dignitaires du régime.

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Crainte d’Interférences et Exigence de Justice.

Notre inquiétude est redoublée par l’implication récente de Monsieur Bidjang en tant que propagandiste et « lanceur d’alerte » lors de la dernière élection présidentielle du 12 octobre, où il a œuvré en faveur du président sortant, recruté par ces mêmes dignitaires du régime.

Le peuple camerounais craint que cette implication ne soit récompensée par une impunité, menant à la libération d’un individu accusé de crimes crapuleux. Un tel scénario est intolérable, car il signifierait la mise en liberté d’un potentiel récidiviste qui n’hésiterait pas à ôter la vie, directement ou indirectement, à d’autres citoyens.

Nous redoutons que les accointances et soutiens politiques dont bénéficierait Monsieur Bidjang ne constituent un frein à l’administration de la justice que vous êtes tenu d’appliquer.

Demandes du Peuple Camerounais

  • En conséquence, au nom du peuple camerounais, dont vous êtes le représentant dans l’action publique, nous exigeons :
    Une clarification immédiate sur les conditions de la liberté sous caution de Bruno Bidjang et sur l’état d’avancement des procédures le concernant.
  • L’accélération des audiences afin que la justice soit rendue sans délai aux familles des victimes, Bryan Fombor et Martinez Zogo.
  • La garantie de l’indépendance de la justice et l’assurance qu’aucune interférence politique ne viendra protéger cet  » «homme du régime» » ou récompenser son implication électorale au détriment de la vérité et de l’équité.

L’injustice des deux poids, deux mesures

L’indignation est d’autant plus vive que Bruno Bidjang, avec un tel casier judiciaire allégué, se pavane, selon les informations rapportées, sous l’escorte d’honneur de la police nationale.

Parallèlement, des centaines de jeunes citoyens sont incarcérés et condamnés par votre tribunal militaire pour l’exercice de droits constitutionnels (marches démocratiques). D’autres, comme Olivier Bibou Nissack, croupissent en prison depuis cinq ans, sans avoir marché, simplement pour un acte civil (invitation à un mariage).

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Ceci est un cri d’alarme : la justice ne peut tolérer un tel système de deux poids, deux mesures. Le citoyen que vous poursuivez pour des crimes de sang est libre et nargue la nation, tandis que ceux qui exercent des libertés fondamentales sont derrière les barreaux.

Nous exigeons la mise en liberté de tous ceux qui n’ont fait qu’exercer leurs droits et qui sont aujourd’hui victimes d’une justice sélective, pendant que celui qui mérite la prison est en liberté.

Nous attendons de votre haute autorité des actes forts pour rétablir la confiance du peuple dans l’institution judiciaire.

Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire du Gouvernement, l’expression de ma très haute considération citoyenne.

Ce le 17 novembre 2025
Jean Claude Mbede Fouda
Citoyen camerounais

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