Côté cérémonie, la première pierre des nouveaux bâtiments du Commandement spatial devrait être posée à l’automne prochain, mais… Les travaux débuteront cet été à Toulouse pour ce grand chantier de la Défense.
Un bâtiment de 11 000 m2 pour un projet de 80 millions d’euros confié à Bouygues : fin février, le Service des infrastructures de défense (SID) a officiellement notifié le contrat de construction des nouveaux bâtiments du Commandement spatial (CDE) à Toulouse. Et c’est donc un « outil de combat » majeur – pour reprendre les mots du général Philippe Adam, patron du CDE, qui verra le jour sur le site du Centre spatial toulousain du Cnes, comme il l’a rappelé vendredi, à la fin d’AsterX, l’exercice spatial français articulé cette année avec Orion, une grande manœuvre de toutes les armées sans précédent en France depuis 30 ans. En effet, s’il n’y a pas encore eu de guerre dans l’espace, cela fait longtemps qu’il n’y a plus eu de guerre sans espace…
Guerre spatiale : la question est « quand » ?
Ce que l’Ukraine rappelle aussi au quotidien. Le conflit a en effet commencé hors atmosphère et avant même l’invasion russe du 24 février 2022, lorsque « le 15 novembre 2021, la Russie a tiré sur un missile anti-satellite », rappelait en juin dernier le général Michel Friedling, ancien commandant du CDE. Il s’agissait d’un « message stratégique très fort envoyé par la Russie à la communauté internationale qui consiste à dire : « Nous avons les capacités de détruire vos satellites et leurs capacités spatiales ».
Avertissement qu’AsterX a pris en compte dans ses différents scénarios de menace : « La question n’est plus de savoir si la guerre s’étendra au domaine spatial mais quand » a souligné le général Adam. Et le contexte dans lequel il faut aussi lire le chantier du CDE, à Toulouse, dont « les travaux débuteront cet été » a-t-il précisé, sans attendre la « pose de la première pierre » officielle qui, elle, devrait avoir lieu » en novembre ».
À quoi ressemblera cet « outil de combat » ? « Ce bâtiment n’aura rien d’un bunker, ce qui aurait créé d’énormes contraintes sans forcément atteindre le niveau d’invulnérabilité requis face aux puissants armements d’aujourd’hui, d’ailleurs l’invulnérabilité n’existe pas. Mais la sécurité sera prise en compte et nous veillerons à se protéger d’un certain nombre d’agressions. La conception est un peu concentrique, c’est-à-dire que les murs extérieurs protégeront le cœur du bâtiment et nous [pourra] attaquer l’écorce sans atteindre les œuvres vivantes qui sont à l’intérieur, je ne peux pas en dire plus », a déclaré le général Adam.
Cinq cents personnes à terme
Vu de l’extérieur, il ressemblera donc « beaucoup à un bâtiment à usage tertiaire », mais surtout, « il s’inscrira dans l’avenir puisque…

