Le service national universel (SNU), obligatoire à tout prix et au péril de l’éducation nationale ? Si les contours de cette nouvelle version du SNU venaient à se confirmer, l’impact sur la scolarité des élèves concernés, les programmes d’enseignement et l’organisation des établissements ne serait pas négligeable.
Période scolaire ou période périscolaire ?
Première question posée : pendant le temps scolaire ou hors temps scolaire ? A tous ceux qui ont pu en parler avec la secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à l’UNS, Sarah El Haïry, ou avec son entourage, la réponse a été la même : toutes les décisions, y compris celle-ci, sont encore soumises aux arbitrages du Président de la République, qui contrôle visiblement à distance d’en haut – mais de près – tout le processus…
Les contingences matérielles risquent d’imposer la solution : si à terme 800 000 jeunes effectuent leur « séjour de cohésion » chaque année, il faudra les loger. Or, pendant les périodes de vacances, les centres de vacances et autres lieux d’hébergement pour jeunes, qui compteraient environ 360 000 places sur l’ensemble du territoire, sont… déjà occupés. Alors, à moins de négocier avec les associations d’éducation populaire et les collectivités locales pour mettre à disposition leurs locaux au moment de leur pic d’activité (ce qui ne manquerait pas d’engendrer des surcoûts), c’est bien pendant la rentrée qu’il faudra travailler.
Ce qui reste aux familles
Mais une telle rotation des classes de seconde, tout au long de l’année scolaire à partir de 2025, deviendrait vite impossible à gérer pour les écoles. Sur ce, le ministère s’est voulu rassurant : dans chaque lycée, toutes les classes de seconde partiraient en même temps – mais pas forcément pour les mêmes destinations, avec cette précision que les frais de déplacement aller et retour resteraient « universellement » à fardeau familial ! Ce qui ne répond qu’à moitié à la question.
Car tant que le cas des étudiants étrangers ne sera pas réglé (le SNU étant aujourd’hui réservé aux jeunes de nationalité française) et celui des étudiants ou des familles réfractaires, nul n’est sûr que les lycées n’auront pas à continuer d’occuper une part nombre important de leurs élèves de deuxième année, tandis que leurs camarades seront en uniforme pour gambader.
Que deviendront les 18 heures d’éducation morale et civique ?
Reste la question pédagogique. L’UNS devrait désormais être « articulée » avec les programmes d’éducation morale et civique (EMC). Du côté du Snes-FSU, on s’inquiète de l’avenir du 18 heures d’EMC du second programme. Mais qui fournira ce contenu aux jeunes ? Facilitateurs ou réservistes, comme aujourd’hui ? Ou enseignants?
Le secrétaire d’État aurait ouvert la possibilité de… recrutements, par voie de détachement ou sur des postes à profil. Cela risque de…

