« La République n’a pas de dauphin » : Grégoire Owona relance le débat sur la succession de Paul Biya

Sonia Same
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Grégoire Owona, le ministre du Travail et de la sécurité sociale, rappelle que le président de la République, Paul Biya, l’a déjà dit.

Dans sa sortie adressée au groupe d’intellectuels initiateurs de la tribune « L’impératif d’une transition constitutionnelle au Cameroun », le ministre du Travail et de la sécurité sociale Grégoire Owona affirme qu’il n’y a pas lieu de parler de dauphin pour ce qui est de la succession du chef de l’État Paul Biya. Il affirme que le mot en question a été refusé par ce dernier.

« Il y a ensuite une question de vocabulaire qui n’est pas anodine : la République n’a pas de dauphin. Paul BIYA l’a dit avec ses mots et fut parfaitement audible et clair. C’est logiquement qu’à sa suite, je me suis toujours méfié du mot « dauphin » lorsqu’il est appliqué à la vie politique camerounaise. Un dauphin appartient à l’imaginaire monarchique. Il suppose une succession personnelle, presque patrimoniale, d’un pouvoir transmis d’un homme à un autre. Or le Cameroun est une République », affirme-t-il.

Pour le ministre, qui est par ailleurs le secrétaire général adjoint du comité central du RDPC, Grégoire Owona, il n’y a pas lieu de penser que le poste de président a été confisqué par Paul Biya. Le comprendre amène donc à se dire qu’on ne saurait lui demander de transférer le pouvoir.

« Le président de la République ne s’est jamais revendiqué propriétaire de la fonction présidentielle. Il n’a donc pas vocation à transmettre le pouvoir à un héritier. Il n’y a donc pas, à mon sens, de dauphin de Paul Biya. Il n’y a pas d’héritier de Paul Biya. Il n’y a pas de succession familiale de Paul Biya. Il y a une Constitution. Et cette Constitution prévoit les conditions dans lesquelles le pouvoir présidentiel est exercé, renouvelé ou, le moment venu, transmis.

C’est précisément cette distinction qu’il faut préserver. Parler de « dauphin » revient à importer dans le vocabulaire républicain une représentation monarchique que notre système institutionnel récuse. Paul Biya est arrivé au pouvoir par la Constitution. L’histoire politique du Cameroun fournit d’ailleurs un enseignement qui devrait être médité », affirme-t-il.

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