La disparition récente du ministre malien de la Défense continue de susciter des réactions contrastées sur le continent. Dans une tribune largement relayée sur les réseaux sociaux, l’essayiste Moussa Njoya livre une analyse virulente du traitement de cet événement par certaines élites d’Afrique francophone.
Selon lui, une partie des commentateurs a rapidement interprété ce décès comme un signe d’affaiblissement du Mali, une lecture qu’il juge excessive. L’auteur critique une tendance à tirer des conclusions hâtives sur la stabilité des États africains, dénonçant au passage ce qu’il perçoit comme un manque de confiance structurel.
Dans son argumentaire, Moussa Njoya convoque plusieurs références historiques. Il cite notamment des épisodes marquants en Iran, en Chine ou encore en Union soviétique, où des pertes humaines importantes, y compris au sommet de l’appareil militaire et politique, n’ont pas empêché ces États de se maintenir ou de se reconstruire.
Lire la tribune de Moussa Njoya :
« LA PEUR DE LA MORT, PRINCIPALE CAUSE DE LA DOMINATION DES NOIRS…
Depuis l’annonce du décès du ministre malien de la Défense, les élites bien-pensantes d’Afrique noire francophone ont trouvé une nouvelle justification de leur lâcheté, et surtout de leur soumission à la France.
C’est à chacun d’expliquer par des arguties les plus mal placées comment les gouvernants et le peuple malien sont désormais perdus.
Il faut les lire sur les réseaux sociaux, il faut les entendre dans les médias, jubiler ! Juste parce qu’un ministre de la Défense est mort !!!
Ceci est d’autant plus absurde que ces soi-disant analystes parlent dans un contexte où l’Iran vient de perdre son Guide suprême, son ministre de la Défense, la quasi-totalité de son état-major, son chef des unités spéciales, de nombreux membres de son gouvernement, des sommités scientifiques, etc.
Mais, ont-ils entendu un Perse, un Iranien, ou même un chiite à travers le monde prétendre que cela avait signé la perte de l’Iran ?
Bien au contraire, ces pertes ont été le carburant pour la victoire actuelle de ce pays qui est pourtant sous embargo depuis près de 40 ans !
Ces prétendus intellectuels connaissent-ils la quantité et la qualité des pertes en vies humaines dans le camp de Mao durant la guerre de libération de la Chine qu’ils admirent tous aujourd’hui, et qui a duré plus de 22 ans, entre 1927 et 1949 ?
Pour qu’ils en aient une petite idée, seulement « la longue marche », cette fameuse retraite stratégique des troupes de Mao Zedong pour échapper aux forces de Tchang Kaï-Check a fait près de 100 000 morts en seulement un an, entre 1934 et 1935.
Ces élites traîtres à la cause africaine savent-elles combien de millions de personnes l’URSS a perdu durant la Seconde Guerre mondiale ?
Combien de généraux et de ministres sont morts durant ce conflit ? Savent-ils que la maison de Staline était quasiment encerclée par les forces de Hitler avant l’hiver 1944 ?
Mais la suite on la connait tous ! Les soviétiques ont fini par gagner !!!
C’est pour dire que la perte d’un ministre de la Défense ne saurait sonner le glas d’un pays. Même pas celle d’un président de la République.
La seule chose qui scelle la défaite militaire d’un pays, c’est le découragement des soldats et du peuple.
Et c’est ce que l’Occident en général, et la France, en particulier, veut engendrer par ces attaques coordonnées des terroristes au Mali.
Et pour cela, la France sait qu’elle peut aisément compter sur la peur de la mort qui anime en permanence les populations d’Afrique noire francophone.
C’est pour cela que jusqu’à présent aucune révolution n’y a jamais prospéré. Les gens étant trop préoccupés à voir leurs enfants grandir !
Et en cela, le peuple camerounais est particulièrement réputé pour sa couardise et sa pusillanimité. Ici, les soulèvements populaires sont tout au plus des émeutes ou des jacqueries, ne débordant pas tout au plus quelques semaines.
Savez-vous par exemple que la guerre d’indépendance qu’on vante tant n’aura véritablement duré que 4 mois tout au plus, entre novembre 1955 et mars 1956 ?
À partir de là, l’on a commencé à enregistrer de grandes vagues de « ralliements », et tout le reste n’était plus que des attaques sporadiques, sans véritable stratégie ni coordination révolutionnaires.
C’est cette peur permanente de la mort, alors que le continent africain est celui qui a l’espérance de vie la plus courte, qui nous maintient sous le joug de la domination Occidentale.
Une situation très bien décrite par Mongo Bêti dans son ouvrage « La ruine presque cocasse d’un polichinelle » … »

