« La grève, un abandon de poste pour mon patron »

Cameroun Actuel
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Correspondant.

Il est 14 heures le lundi, jour de la rentrée à Lyon. Assis à la terrasse d’un bar-restaurant, Arthur, 25 ans, prend son repas. Au menu ? Des frites maison avec un burger aux lentilles, après un service chargé. Car Arthur est serveur dans l’établissement. « J’aime la restauration, je veux continuer dedans », explique-t-il, après avoir abandonné ses études suite à un DUT de gestion et comptabilité. Retraite ? « Je n’y pense pas trop. C’est loin et les règles changent tout le temps. Je n’y compte pas trop », il continue. Par coïncidence, Arthur travaille sur le Cours Albert-Thomas, près de la Manufacture des Tabacs, lieu de départ traditionnel des cortèges dans la capitale des Gaules. « C’est bien, ceux qui se battent. Idéalement, j’aimerais les rejoindre, mais je ne gagne que 1 300 euros et, dans mon métier, c’est mal vu de faire la grève », mesure l’employé. Avant de préciser : « Les patrons sont anti-grève. Ils nous ont fait comprendre que si quelqu’un s’arrêtait, il le considérait comme un abandon. » Le jeune ouvrier n’a pas eu connaissance de l’existence d’un syndicat dans la chaîne lyonnaise qui l’emploie.

Un travail alimentaire

La précarité est l’un des obstacles à la participation des jeunes travailleurs au mouvement social. Selon l’association d’aide alimentaire Cop1, en 2022, 85% des étudiants interrogés ont déjà sauté un repas par manque d’argent. En avril 2021, l’Observatoire national de la vie étudiante estimait à 40 % le taux d’étudiants qui travaillaient en parallèle de leurs études. Pour la moitié d’entre eux (51 %), cette activité leur est nécessaire pour vivre et financer leurs études. Tristan est l’un d’entre eux. « Mes semaines consistent en études, travail et jeunesse communiste »glisse ce jeune militant qui tente encore de dégager du temps pour lutter contre la réforme des retraites : « Cette loi n’a qu’un seul but : la libéralisation du système social sur le modèle des pays scandinaves. »

En troisième année de médecine, Tristan travaille 20 heures par semaine dans un restaurant italien près de la gare Part-Dieu. Le vingtenaire a commencé ce travail dès l’obtention de sa première année de médecine, en 2021, lors de la deuxième année de la pandémie. Un boulot alimentaire qui lui permet de toucher 650 euros par mois. De quoi vivre sa jeunesse, alors qu’au départ de ses parents de la métropole lyonnaise, dans un an, Tristan devra trouver un logement. Cependant, sa présence est obligatoire pour les travaux pratiques et les travaux dirigés, ainsi qu’à l’hôpital où il est en stage. « Dans ce contexte, il m’est difficile d’aller à une manifestation en semaine, sauf à renoncer à mes seules ressources », se lamente Tristan. Une contrainte administrative à laquelle les 38,4 % de boursiers doivent faire face (en 2021, selon la Dares), sous peine de rembourser les…

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