Le Palais du Luxembourg a connu une grande tension dans la nuit du 7 au 8 mars, les sénateurs de gauche ayant décidé de quitter la séance après des manœuvres de la droite pour accélérer les débats, qualifiées de « coup de force ».
Moins mouvementées qu’à l’Assemblée nationale, les séances du Sénat consacrées à la réforme des retraites ? Ce n’est que partiellement vrai après plusieurs sessions nocturnes qui ont vu les débats devenir très tendus.
La majorité sénatoriale de droite, qui soutient la réforme macroniste, a en effet voulu donner un gros coup de pouce dans la nuit du 7 au 8 mars à l’examen de l’article 7, pivot de la réforme des retraites qui repousse l’âge de départ à 64 ans, malgré la tollé des élus de gauche qui ont fini par quitter l’hémicycle.
La droite agacée par « l’obstruction » des élus de gauche
Agacée par la lenteur des débats, après une après-midi consacrée aux impacts financiers de la réforme, la droite sénatoriale a d’abord utilisé un article du règlement intérieur pour couper court au débat. Après la présentation de dizaines d’amendements pour supprimer l’article 7 par la gauche, le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau a pris la parole vers 1h du matin pour un rappel au règlement afin d’obtenir la « clôture des débats » en application de l’article 38 du Règlement.
C’est la première fois que cet article, qui permet de réduire le nombre de prises de parole par amendement, est utilisé depuis sa révision en 2015. « Le recours à cette procédure est un acte de faiblesse de la part de la droite sénatoriale. Vous perdez votre sang-froid. Cette procédure est une atteinte à la démocratie », a grondé la présidente du groupe CRCE (républicain communiste citoyen et écologiste à majorité communiste), Eliane Assassi, n’hésitant pas à évoquer « un coup de force ».
Recours à l’article 38 pour accélérer les débats : « Le recours à cette procédure est un acte de faiblesse de la part de la droite sénatoriale. Vous vous fâchez. Cette procédure est une atteinte à la démocratie. » @ElianeAssassi#DirectSénatpic.twitter.com/AhMHv93t04
— Sénat public (@publicsenat) 8 mars 2023
Se sentant visé, Bruno Retailleau s’est défendu. « Nous avons affaire à une obstruction depuis cinq jours et cinq nuits, qui est la négation du rôle du Parlement […] L’obstruction est au Parlement ce que la désertion est au soldat. « Nous avons eu sur cet article en l’état 124 interventions, je considère que les exigences de clarté et de sincérité ont été respectées », a quant à lui déclaré le président du Sénat Gérard Larcher (LR). « Honte à vous », a réprimandé le président du groupe socialiste, Patrick Kanner. « Vous avez été bâillonné par l’article 47-1 et vous voulez maintenant bâillonner votre opposition », a-t-il dénoncé, évoquant un « scandale ».
Or, comme…

