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La BC-PME fait face à des sanctions de la Cobac, mais le DG affirme que l’équipe dirigeante maintient la stabilité

La Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (BC-PME) se retrouve actuellement sous le coup d’une suspension de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), qui lui a retiré son agrément. Cette décision, qui fait suite à des fautes de gouvernance et des manquements graves aux textes relatifs à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, a été révélée en exclusivité par EcoMatin.

Malgré cette situation, le Directeur général de la BC-PME, Agnès Ndoumbè Mandeng, affirme qu’elle est toujours en poste et que l’équipe dirigeante maintient la stabilité de la banque. Dans une interview téléphonique accordée à EcoMatin, elle déclare : « Contrairement à ce que vous avez publié, je n’ai reçu à ce jour aucune notification de sanction de la Cobac et la banque est sereinement tenue par l’équipe de Direction. Si la sanction que vous annoncez venait à être effective, je vous rappelle qu’il existe des voies de recours qui sont suspensives de la décision et donc l’issue peut durer des mois. Arrêtez donc de laisser croire que la BC-PME n’est plus dirigée. »

Agnès Ndoumbè Mandeng souligne également que la BC-PME recrute principalement des PME qui exercent dans divers domaines de l’économie nationale. Elle affirme que la banque met en place un dispositif de conformité rigoureux pour identifier les risques et qu’elle ne mène aucune activité de blanchiment d’argent ni de financement du terrorisme. Elle fait référence à la dernière mission d’inspection du Contrôle supérieur de l’État qui, selon elle, témoigne de l’engagement de la BC-PME à respecter les normes en vigueur.

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Concernant la procédure disciplinaire, Agnès Ndoumbè Mandeng confirme que les dirigeants sociaux de la banque, y compris le DG, le directeur général adjoint et le président du conseil d’administration, ont récemment fait l’objet d’une procédure devant la Cobac. Selon des sources d’EcoMatin, seule Agnès Ndoumbè Mandeng s’est effectivement vu retirer son agrément de directeur général, tandis que le DG adjoint et le PCA en sont sortis indemnes.

Il est important de souligner que les textes réglementaires permettent à Agnès Ndoumbè Mandeng de faire appel de la décision de la Cobac devant la Cour de justice communautaire basée à N’Djamena, au Tchad. Dans ce cas, la décision peut être suspendue dès le dépôt de l’appel. Pendant ce temps, le DG reste en poste en attendant la décision définitive, et la banque continue de fonctionner normalement.

La BC-PME, créée en 2014, rencontre des difficultés depuis près de dix ans pour atteindre ses objectifs. Ces objectifs consistent à apporter un soutien financier aux promoteurs d’entreprises en octroyant des crédits à court, moyen et long terme aux PME pour financer leurs activités. Cependant, l’État du Cameroun, son unique actionnaire, n’a pas réussi à lui donner une orientation stratégique et à remplir ses obligations en matière de financement. Aujourd’hui, en situation de quasi faillite, la BC-PME a enregistré un résultat négatif de 2,010 milliards de Fcfa en 2022, contre -2,218 milliards de Fcfa l’année précédente, soit une baisse de 9,3%. Son encours de crédits s’élève à seulement 75 milliards de Fcfa, selon son directeur.

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