KOR contre TOR : une possible alliance entre Kamto et Tchiroma peut-elle réconcilier l’opposition ?

Cameroun Actuel
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Depuis le lendemain de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, les réseaux sociaux camerounais sont marqués par des débats particulièrement vifs entre deux courants de militants de l’opposition : les KOR (Kamto Ou Rien) et les TOR (Tchiroma Ou Rien). Ces deux groupes, qui se distinguent par leur soutien respectif à Maurice Kamto et à Issa Tchiroma Bakary, se livrent régulièrement à des confrontations qui laissent paraître les divisions apparues au sein de l’opposition camerounaise à la suite du scrutin présidentiel.

Les KOR considèrent Maurice Kamto comme une figure majeure de l’opposition et continuent de défendre son leadership politique. Pour nombre d’entre eux, le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle a constitué un tournant important dans le processus électoral. Certains estiment qu’Issa Tchiroma Bakary a bénéficié de cette situation pour renforcer sa position sur la scène politique. D’autres s’interrogent sur sa stratégie après le scrutin, notamment à la suite de son départ pour la Gambie, alors que ses partisans continuent de revendiquer sa victoire.

De leur côté, les TOR estiment qu’Issa Tchiroma Bakary incarne désormais une alternative politique susceptible de favoriser l’alternance au Cameroun. Parmi eux figurent des militants qui soutenaient auparavant Maurice Kamto, mais qui considèrent que l’absence de ce dernier sur le bulletin de vote a imposé une nouvelle configuration politique. Ils reprochent notamment à certains soutiens de Maurice Kamto de ne pas avoir suffisamment contribué à la mobilisation autour de la contestation des résultats de la présidentielle.

Les divergences entre ces deux courants se sont progressivement traduites par des échanges parfois virulents sur les réseaux sociaux. Les accusations de proximité avec le régime du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), les soupçons de calculs politiques et les désaccords sur la stratégie à adopter ont contribué à accentuer la méfiance entre les militants. Toutefois, ces accusations relèvent des positions défendues par les différents camps et ne sauraient être considérées comme des faits établis en l’absence d’éléments permettant de les étayer.

La décision de Maurice Kamto de ne pas appeler explicitement à voter pour Issa Tchiroma Bakary, invitant plutôt les Camerounais à se déterminer selon leur « âme et conscience », a également alimenté les discussions. Pour certains, cette position traduisait une volonté de préserver l’autonomie politique du MRC. Pour d’autres, elle constituait une occasion manquée de favoriser une dynamique commune au sein de l’opposition.

Au-delà de ces divergences, une question demeure : dans quelle mesure les différentes composantes de l’opposition peuvent-elles dépasser leurs rivalités pour construire une stratégie politique concertée ? Si les désaccords entre les militants reflètent des sensibilités et des analyses différentes, leur persistance pourrait compliquer la mise en place d’initiatives communes face au RDPC.

Cette interrogation prend une nouvelle dimension à la suite d’informations attribuées à Jeune Afrique, évoquant la possibilité d’une alliance entre le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) en perspective des prochaines élections législatives et municipales. Si cette hypothèse venait à se concrétiser, elle pourrait modifier les rapports entre les différentes tendances de l’opposition et relancer le débat sur les conditions d’une coopération politique.

Une telle alliance placerait notamment les KOR et les TOR devant une situation nouvelle. Les militants les plus attachés à leurs leaders respectifs seraient-ils disposés à soutenir une initiative commune, malgré les désaccords exprimés ces derniers mois ? Les divergences observées sur les réseaux sociaux se maintiendraient-elles, ou les impératifs d’une stratégie électorale commune favoriseraient-ils un rapprochement ?

Il convient toutefois de souligner qu’une éventuelle alliance entre le MRC et le FSNC ne signifierait pas nécessairement une fusion des deux formations ni la disparition de leurs divergences. Elle supposerait, en revanche, des discussions sur les objectifs communs, les modalités de collaboration et les engagements de chaque partie.

L’enjeu dépasse ainsi la seule relation entre Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary. Il concerne également la capacité des acteurs de l’opposition à concilier leurs ambitions, leurs orientations politiques et leurs stratégies électorales dans un cadre de coopération.

Dans la perspective des prochaines échéances électorales, le débat mérite donc d’être posé sans parti pris : les KOR et les TOR pourront-ils dépasser leurs divergences pour soutenir une éventuelle dynamique commune, ou leurs rivalités continueront-elles de peser sur les perspectives de coopération au sein de l’opposition camerounaise ?

La réponse dépendra autant des décisions des responsables politiques que de la capacité des militants à distinguer le soutien à une personnalité de l’adhésion à une stratégie politique. Dans un contexte marqué par des désaccords persistants, la recherche de convergences pourrait constituer une piste de réflexion pour les formations qui souhaitent coordonner leurs actions, sans que cela implique nécessairement l’abandon de leurs convictions respectives.

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