Dans l’émission « Grand Débat » sur CAM 10 Télévision, Jean De Dieu Ayissi estime que la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne saurait être réduite à une opposition entre francophones et anglophones. Il met en cause la gouvernance, la gestion des ressources publiques et les inégalités de considération, tout en évoquant l’implication possible de forces extérieures.
La crise anglophone au Cameroun ne se résume pas, selon Jean De Dieu Ayissi, à une confrontation entre communautés francophones et anglophones. Intervenant dans l’émission « Grand Débat » sur CAM 10 Télévision, il a défendu une lecture davantage centrée sur les problèmes de gouvernance et les difficultés quotidiennes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Pour cet intervenant, l’héritage colonial français et britannique devrait être considéré comme une richesse plutôt que comme un facteur de division. La maîtrise du français et de l’anglais constitue, à ses yeux, un atout que les Camerounais pourraient valoriser dans leurs relations avec le reste du monde.
« Parce qu’avoir été colonisés par les Français et les Anglais, aujourd’hui, nous devons capitaliser sur cet héritage et le rendre positif. La preuve, je parle français et on m’écoute partout. Ils parlent anglais, on les écoute aussi. Donc, ces instruments que nous avons arrachés à la colonisation devraient être des instruments positifs.
Malheureusement, si vous êtes des peuples peu développés du point de vue intellectuel et spirituel, on vient vous faire croire que l’anglophone qui est à ma gauche, parce qu’il parle anglais, est mon ennemi parce que je parle français. On commence à parler de problème francophone, de problème anglophone. Pourtant, les frères et sœurs de Bamenda, de Buea, etc., ont des problèmes de vie qui ne sont pas anglophones. Ce sont les problèmes que nous pose la gouvernance que vous nous avez imposée.
Votre manière de gouverner, votre manière d’utiliser les ressources communes, votre manière de nous traiter et la considération que vous accordez à ce peuple-là. Lorsqu’on a mis tout cela ensemble, on a découvert que les forces impérialistes et néocolonialistes, animées par des ambitions de prédation, sont capables de venir transformer des rebelles et des insurgés locaux en leur apportant une logistique importante, notamment militaire », a déclaré Jean De Dieu Ayissi.

