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« J’avais cette rage de prouver aux autres que c’était possible »

La veille, elle animait des actions culturelles à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise. Le soir, elle a dirigé un concert à Saint-Denis, en région parisienne. Elle est comme ça, Zahia Ziouani. Sur tous les frontons : ceux des salles de prestige ainsi que des salles polyvalentes de quartier. Malgré un emploi du temps ultra chargé, le chef d’orchestre a pris le temps de nous rencontrer dans un bistrot parisien. Souriant, naturel, le musicien de 44 ans prépare la sortie du premier album de l’orchestre Divertimento (1), vingt-cinq ans après sa création.

Vous nous avez donné rendez-vous près de l’Opéra de Paris. Un clin d’œil à votre album qui sortira bientôt ?

Oui, l’album sort le 19 mai. C’est le premier CD de l’orchestre Divertimento vraiment le mien. Pendant longtemps, j’ai fait le choix de me consacrer aux concerts et aux liens avec le public. C’était aussi le moment de travailler sur une collection de disques pour commencer à laisser un héritage et partager mes choix artistiques avec le public.

Quels sont ces choix artistiques présents dans l’album de Divertimento ?

Ils tournent autour du compositeur Camille Saint-Saëns, que j’apprécie beaucoup. L’album s’intitule « Bacanal », du nom de son œuvre emblématique. Il reproduit les voyages de Saint-Saëns en Méditerranée – Espagne, Italie, Egypte, Algérie – avec un focus particulier sur l’Algérie, le pays où il a le plus vécu, où il est mort. Le temps est également consacré à la musique classique et à la musique traditionnelle d’Algérie. J’avais ce désir de rencontre entre ces deux cultures et de faire entrer certaines oeuvres d’Algérie dans le patrimoine universel de la musique symphonique. Car il n’y a pas d’un côté la musique du monde et de l’autre la musique classique. Cet album est vraiment une rencontre entre cultures, styles de musique et artistes comme les musiciens de l’orchestre Divertimento, ma sœur jumelle Fettouma qui joue en soliste, deux solistes italiens flûte et clarinette et Rachid Brahim- Djelloul – violoniste et chanteur traditionnel algérien. C’est une belle aventure. Et il y a aussi, bien sûr, un lien très fort avec mes origines.

Vous avez grandi avec des parents qui n’étaient pas musiciens, mais mélomanes, à Pantin. Vous êtes entrée, avec votre sœur, au conservatoire municipal. Que représente pour vous cette ville de Seine-Saint-Denis, alors communiste ?

Cette enfance m’a façonné. Si j’ai réussi, c’est parce que mes parents ont beaucoup investi dans mon éducation. Et aussi, j’en suis convaincu, car j’ai eu la chance de grandir dans une ville où les politiques publiques locales offraient l’accès au sport et à la culture. Au conservatoire, il y avait le quotient familial et un parc instrumental pour les élèves, ce qui m’a permis, malgré mes origines modestes, d’avoir accès à un enseignement de qualité. Je ne sais pas si…

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