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Fléau criminel à Bertoua : les motos-taxis pris pour cible par des braqueurs ingénieux

Bertoua

La ville de Bertoua, capitale régionale de l’Est du Cameroun, est en proie à une vague de criminalité sans précédent, suscitant un profond choc parmi la population, en particulier les conducteurs de motos-taxis. Vols, agressions, meurtres… Malgré les efforts des forces de sécurité, les malfaiteurs rivalisent d’ingéniosité pour semer le chaos, avec une dernière trouvaille sinistre : le braquage de motos à la poudre de piment.

Dans la nuit du 9 au 10 mars, un drame a secoué la communauté des motards de Bertoua. Un conducteur de moto-taxi, surnommé « 800 kolos », a été victime d’une agression d’une rare violence. Tout commence lorsque des individus louent ses services pour se rendre à Ndemnam, sur la route de Batouri. Arrivés à destination, au niveau du champ de tir, le cauchemar commence.

Un des passagers, un certain Yogouda, asperge soudainement le visage du motoman avec de la poudre de piment, avant de lui asséner un coup de poignard dans le dos. Malgré la douleur atroce, la victime tente de se défendre, blessant à son tour son agresseur avec son propre couteau. Mais rien n’y fait. Les malfrats prennent la fuite avec la moto, laissant le pauvre « 800 kolos » à terre, le visage en feu et le dos en sang.

Alertée, la Division Régionale de la Police Judiciaire (DRPJ) de l’Est se lance aussitôt à la poursuite des coupables. Avec l’aide précieuse du syndicat des motos-taxis, les limiers parviennent rapidement à mettre la main sur Yogouda, identifié par la victime. Et ce n’est que le début.

Les aveux du malfrat permettent d’appréhender son complice, le tristement célèbre « 800 kolos ». Quelques jours plus tard, dans la nuit du 19 au 20 mars, c’est un autre duo de choc qui tombe. Djibrila Bouba et Ismaëla Bouba sont pris en flagrant délit de braquage au quartier Bamvele, à bord de la moto volée. Direction la prison pour ces deux-là, en attendant leur procès.

Mais cette série d’arrestations ne suffit pas à rassurer les habitants de Bertoua. Car le gang démantelé n’est que la partie émergée de l’iceberg. Comme une hydre à plusieurs têtes, dès qu’un groupe de malfaiteurs est neutralisé, d’autres prennent le relais, toujours plus déterminés et inventifs dans leur cruauté.

Face à cette situation alarmante, les forces de sécurité de la région, et en particulier la DRPJ, font de leur mieux pour endiguer cette criminalité galopante. Leurs efforts paient, avec des résultats de plus en plus probants. Mais le chemin est encore long pour ramener la quiétude dans les rues de Bertoua.

Au cœur de cette tourmente, ce sont les conducteurs de motos-taxis qui paient le plus lourd tribut. Chaque jour, ils prennent d’immenses risques en sillonnant la ville pour gagner leur pain. Chaque client est une source d’angoisse potentielle. Chaque course, un pari avec le danger.

« On ne sait jamais sur qui on va tomber », confie Abdoulaye, motoman depuis 5 ans. « Maintenant, dès qu’un client me demande d’aller dans un coin isolé, j’ai la peur au ventre. Je repense tout de suite à ce pauvre « 800 kolos ». Ça aurait pu être moi… ».

Un sentiment partagé par toute la profession, qui réclame plus de protection et de soutien de la part des autorités. Car derrière chaque moto volée, c’est une famille qui sombre dans la précarité, un homme brisé qui perd son gagne-pain.

Il est urgent d’agir, avant que Bertoua ne devienne une zone de non-droit, où même une simple pincée de piment peut virer au drame. Les habitants attendent des actes forts. Pour que la peur change enfin de camp.

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