Prévu au palais des congrès, le Salon de la finance numérique (Safinum) se présente comme la réponse opérationnelle du Comité national économique et financier (CNEF) aux limites constatées de la transformation digitale du secteur financier camerounais. Les grandes articulations de cet important événement ont été dévoilées ce 07 octobre 2026, au cours d’une conférence de lancement présidée par le directeur national adjoint de la BEAC, Cho Asafor.
Organisé autour du thème « Promouvoir la fintech pour accélérer l’inclusion financière », la toute première édition du Salon de la finance numérique apparaît comme un cadre idéal pour, soutenir l’écosystème entrepreneurial des services financiers numériques, former le capital humain requis pour piloter la transformation, et instaurer la confiance numérique auprès des usagers. À terme, il est question d’accélérer l’adoption des fintechs, de faciliter l’accès au financement pour l’innovation et de promouvoir des services sûrs et inclusifs, c’est à dire de la vendeuse de rue payée par mobile money à l’industriel opérant en ligne.
Le rendez-vous financier de 03 jours va rassembler un éventail de participants. Parmi eux, on cite, des startuppeurs, innovateurs, banques commerciales, établissements financiers, fintechs, agences étatiques, ministères, opérateurs de paiement, régulateurs, partenaires techniques et financiers. Le comité national économique et financier (CNEF) qui est l’initiateur de l’événement table à ce jour sur 20 000 visiteurs et 54 exposants qui présenteront solutions, produits et services.
Le programme établi combine conférences thématiques (intelligence artificielle et éthique, open banking, blockchain et actifs numériques, cybersécurité, avenir de la finance digitale au Cameroun) et formats pratiques. Cinq tables rondes vont structurer la réflexion stratégique, tandis que le hackathon « Innovate Finance » réunira développeurs, designers et experts pour concevoir des prototypes répondant à des besoins concrets des banques et entreprises. Le pitch elevator, quant à lui, offrira aux porteurs de projets trois minutes pour convaincre investisseurs et mentors, avec à la clé financement, mentorat et accès à un réseau professionnel.
Au bout du compte, des résultats tangibles sont attendus par les organisateurs. Il s’agit notamment d’établir des partenariats public-privé, engagements d’investissement, feuille de route pour des structures d’accompagnement pérennes, et prototypes prêts à être incubés. Sur le plan social, l’objectif est une hausse mesurable de l’inclusion financière via des services plus accessibles et sécurisés.
Pour rappel, le premier Salon de la finance numérique (Safinum) est né de la volonté de traduire en actions concrètes les recommandations formulées par le CNEF lors des premières journées scientifiques sur l’économie numérique organisées à Yaoundé en juin 2024. Ces travaux ont diagnostiqué une digitalisation timide du secteur (déficit d’accompagnement, difficulté d’accès au capital pour les start-up, faible adoption des outils numériques par une partie de la population) et recommandé la mise en place d’un cadre propice aux synergies entre acteurs publics, privés et innovateurs. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, président du CNEF, porte ce projet comme une priorité stratégique pour accélérer l’inclusion financière.

