Né dans un camp de réfugiés en Tanzanie après la fuite de ses parents burundais victimes de la guerre civile, Nestory Irankunda symbolise aujourd’hui l’espoir et la diversité du football australien. À seulement 20 ans, l’ailier de Watford s’est déjà offert une place dans l’histoire de la Coupe du monde grâce à son but face à la Turquie. Un parcours exceptionnel qui inspire bien au-delà des terrains.
Par Régis Belinga
Quelques secondes ont suffi pour faire basculer son destin dans une autre dimension. Face à la Turquie, Nestory Irankunda a éliminé son adversaire grâce à une accélération fulgurante avant de tromper le gardien adverse. À 20 ans et quatre mois, il est devenu le plus jeune buteur de l’histoire de l’Australie et de la Confédération asiatique de football en phase finale de Coupe du monde.
Né le 9 février 2006 dans un camp de réfugiés à Kigoma, en Tanzanie, Irankunda est le fils de parents burundais ayant fui la guerre civile. Quelques mois après sa naissance, sa famille obtient l’asile en Australie et s’installe à Perth. C’est là que le jeune Nestory découvre le football et révèle rapidement un talent unique.
Après avoir brillé sous les couleurs d’Adelaide United, où ses performances attirent l’attention des recruteurs européens, il rejoint le Bayern Munich en 2024. Même s’il ne dispute aucun match avec l’équipe première, il y côtoie des stars comme Harry Kane et poursuit sa progression. Des expériences enrichissantes qui le conduisent ensuite en Suisse, au Grasshopper Zurich, avant un transfert à Watford, en Angleterre.
En Championship, sa vitesse et sa capacité à éliminer ses adversaires impressionnent. Auteur d’une saison 2025-2026 convaincante, il gagne la confiance du sélectionneur Tony Popovic et décroche une place dans la liste australienne pour le Mondial 2026.
Son but lors de la première journée contre la Turquie a provoqué une immense émotion au sein de sa famille. Sa sœur a confié avoir été submergée par l’émotion en le voyant marquer sur la plus grande scène du football mondial. Pour l’Australie, Irankunda représente déjà l’avenir. Pour lui, ce n’est peut-être que le début d’une aventure encore plus grande.
Face aux États-Unis, ce vendredi, tous les regards étaient braqués de nouveau vers ce jeune homme dont le parcours, parti d’un camp de réfugiés, ressemble déjà à un véritable conte de fées.

