Pour la première fois depuis 1974, les Léopards du Congo font leur retour en Coupe du monde. Mais derrière cette qualification historique se cache le nuage sombre de la crise sanitaire qui touche l’Afrique, l’Afrique centrale et de l’Est.
Par Régis Belinga
Depuis que l’Organisation mondiale de la santé a déclaré le 16 mai, une urgence de santé internationale en raison des restrictions liées à l’épidémie d’Ebola en RDC, les autorités américaines ont suspendu les services de visas, compliquant fortement les déplacements des journalistes congolais souhaitant couvrir le Mondial.
Conséquences : plusieurs sont encore coincés à Brazzaville, à quelques heures du lancement du mondial, du fait qu’ils n’ont pas pu obtenir un visa qui leur donne accès au pays de l’oncle Sam.
La situation reste floue même pour certains d’entre eux qui ont pu décrocher le précieux sésame. Selon un récent rapport de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS) pour l’Afrique sur les difficultés rencontrées par ces hommes de médias congolais, nombreux disposent certes d’un visa américain, mais avec une seule possibilité d’entrée dans le territoire.
Une situation qui mettrait en mal le déplacement de ces professionnels de médias au regard du format de la compétition qui se déroule dans trois pays (États-Unis, Canada, Mexique).
« Le Sénégal joue par exemple son match contre l’Irak à Toronto. Si vous avez un visa à entrée unique, dès que vous quittez les États-Unis, il faut en obtenir un nouveau pour revenir. C’est une séquestration qui ne dit pas son nom. On vous donne le visa mais vous restez chez nous, vous n’avez pas le droit d’aller au Canada ou au Mexique », a récemment fait savoir Abdoulaye Thiam, président de l’Aips Afrique lors d’une récente réunion de l’Aips Monde.
Il faut souligner par ailleurs que le Canada et le Mexique ont adopté une approche différente en octroyant des visas à entrées multiples pour une durée de trois mois.
Face à cette situation, beaucoup envisagent désormais de se rendre uniquement au match prévu au Mexique contre la Colombie, à Guadalajara le 24 juin prochain, espérant que les Léopards franchissent le premier tour pour une nouvelle programmation de match.
Surtout que la RDC doit affronter le Portugal le 17 juin à Houston (États-Unis), dans le groupe K, avant de rejoindre l’Ouzbékistan le 28 juin à Atlanta (États-Unis). Au-delà des médias, les supporters des Léopards font eux aussi face à des difficultés auxquelles sont confrontés les journalistes congolais.

