« Coup d’État constitutionnel » : le MRC saisit l’UA et réclame des sanctions contre le Cameroun

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Maurice Kamto en conférence de presse au siège du MRC à Yaoundé, le 9 avril 2026 (c) Droit Réservés

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a officiellement saisi l’Union africaine (UA) afin qu’elle intervienne face à ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel » orchestré par le gouvernement du président Paul Biya.

Dans un communiqué de presse publié le 23 avril 2026, le parti d’opposition a réclamé des sanctions immédiates, alléguant que les récentes modifications législatives et les reports d’élections constituent un « changement de gouvernement anticonstitutionnel ».

La controverse autour de la vice-présidence

Le différend porte sur la loi n° 2026/002, adoptée le 14 avril, qui rétablit le poste de vice-président. Contrairement aux systèmes précédents où le président du Sénat assurait l’intérim en cas de vacance du poste, la nouvelle loi permet au président de nommer un successeur qui terminerait le mandat sans vote populaire.

Dans le communiqué, le président national du MRC, Maurice Kamto, a affirmé que ce mécanisme prive les citoyens de leurs droits politiques. Selon le CRM, cette disposition « revient à permettre au Président de la République, élu au suffrage universel, de désigner un successeur à la plus haute fonction de l’État sans passer par une élection ».

Allégations de « coup d’État constitutionnel »

Dans un mémorandum adressé à l’Assemblée et à la Commission de l’Union africaine le 20 avril, le MRC affirme que ces mesures violent la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG). L’opposition soutient que la désignation d’un successeur et le report répété des élections parlementaires et municipales depuis 2024 ont engendré une « érosion de la légitimité des institutions représentatives ».

Le parti a notamment cité l’article 4(p) de l’Acte constitutif de l’Union africaine, qui rejette les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Le communiqué précise :

« L’instauration d’un mécanisme de succession non électif, conjuguée à la suspension prolongée du droit de vote aux élections parlementaires et municipales, accroît immédiatement et durablement le risque d’une grave crise politique, avec des conséquences directes pour la paix, la sécurité et la cohésion nationale. »

Alors que le président Biya, âgé de 93 ans, poursuit son huitième mandat, le MRC dénonce la trajectoire politique actuelle comme une dérive vers un pouvoir héréditaire. Dans un communiqué, il exhorte la population à s’opposer à « l’instauration d’une monarchie au Cameroun » et encourage les citoyens à signer une pétition nationale contre la transmission du pouvoir.

L’Union africaine n’a pas encore réagi officiellement à la demande de sanctions du MRC. Toutefois, cette plainte constitue l’une des contestations les plus directes des réformes juridiques entreprises par le gouvernement Biya depuis des décennies, témoignant d’une fracture croissante entre le gouvernement et l’opposition à l’approche des élections législatives de 2026.

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