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Contribution du Think do Tank The Okwelians pour garantir une participation productive du Cameroun à la COP 29 à Bakou

COP 29

La 28ème Conférence des Parties (COP 28) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui s’est tenue à Dubaï en décembre 2023, a abouti à plusieurs recommandations importantes pour renforcer l’action climatique à toutes les échelles. Six mois après sa tenue, le LaB’ du Think do Tank The Okwelians se penche sur les principales implications des recommandations issues de ce rendez-vous planétaire pour le Cameroun. Ce laboratoire d’idées appelle aussi à une préparation mûrie pour une participation productive et réussie du Cameroun à la COP 29 prévue en novembre 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan.

Recommandations majeures issues de la COP 28 de Dubaï

La première recommandation majeure issue de la COP 28 concerne l’opérationnalisation du Fonds pour les Pertes et dommages. Ce fonds, destiné à aider les pays vulnérables à faire face aux impacts climatiques qui dépassent leur capacité d’adaptation, a été opérationnalisé lors de la COP 28. Mentionnée pour la première fois dans les décisions de la COP 16 (Cancun, 2010), l’idée derrière ce concept est de reconnaître que les effets du changement climatique entraînent des conséquences irréversibles, des pertes économiques, des dommages environnementaux et des impacts sociaux au-delà du cadre de l’adaptation et de l’atténuation défini par les pays les plus vulnérables en particulier.

En 2015, l’Accord de Paris a été adopté, avec l’objectif de fournir des mécanismes, des financements et des actions concrètes pour soutenir les pays les plus touchés par les pertes et dommages liés au changement climatique pour répondre aux besoins estimés à 580 milliards de dollars d’ici 2030.

Cependant, bien que les pertes et dommages aient été officiellement adoptés à l’échelle mondiale, ils n’ont pas été reconnus comme le troisième pilier de l’action climatique, à côté de l’atténuation et de l’adaptation. Cette recommandation est essentielle pour le Cameroun, où les communautés locales subissent déjà les effets dévastateurs du changement climatique dans les cinq zones agroécologiques que sont la zone Soudano-Sahélienne, la zone des Hautes Savanes Guinéennes, la zone Forestière à Pluviométrie bimodale, la zone des Hauts Plateaux et la zone Forestière à Pluviométrie monomodale.

De plus, la transition de l’économie des combustibles fossiles vers les énergies propres est la deuxième recommandation majeure de la COP 28. Cette transition est essentielle pour atteindre nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’économie bas carbone. Cependant, nous devons reconnaître que cette transition nécessite des investissements et des technologies coûteux qui sont actuellement hors de portée du gouvernement camerounais avec les mécanismes de financement actuels.

Pour rappel, le Cameroun s’est fixé un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 32 % d’ici 2030 par rapport au scénario tendanciel, dans les secteurs de l’agriculture, les forêts et l’utilisation des terres, l’énergie, les déchets et les procédés industriels. Il est donc crucial que des mécanismes de financement adéquats soient mis en place pour soutenir la transition énergétique du Cameroun vers des sources renouvelables. Des actions spécifiques sont prévues dans chacun de ces secteurs, comme la gestion durable des forêts, l’amélioration de l’efficacité énergétique, et le développement des énergies renouvelables.

La troisième recommandation importante de la COP 28 est la mise en place d’un Cadre pour l’Objectif Mondial d’Adaptation est une autre recommandation. Il vise à renforcer la capacité d’adaptation, la résilience et la réduction de la vulnérabilité face au changement climatique, bien que le financement de l’adaptation reste un défi majeur. En effet, la voix portée par les pays africains met en avant plusieurs priorités essentielles pour lutter contre les changements climatiques en Afrique. Il s’agit notamment de l’adaptation, de la gestion des pertes et dommages, des systèmes alimentaires, de l’utilisation des terres, ainsi que de la restauration des forêts. Cependant, le financement de l’adaptation reste un défi majeur pour le Cameroun.

Sans une feuille de route précise sur l’augmentation du financement de l’adaptation, le pays manque de visibilité et de responsabilité quant à la manière dont il comblera ce déficit de financement. Il est impératif que le Cameroun intègre cette question dans sa prochaine Contribution Déterminée au Niveau National (CDN) afin d’obtenir des financements prévisibles et adéquats pour ses actions d’adaptation. De même, le Cameroun doit définir ses engagements en matière de pertes et dommages, en les intégrant dès maintenant dans la prochaine CDN prévue pour 2025, puis présenter des estimations de coûts spécifiques pour ces pertes et les dommages que nous subissons, afin de garantir que notre pays reçoive le financement dont il a désespérément besoin.

Mieux se préparer pour transformer les ambitions en actions climatiques

Il est temps d’élaborer une stratégie nationale solide, en collaboration avec les acteurs de la société civile, les chercheurs, les experts et les communautés locales, pour présenter des engagements climatiques ambitieux et réalisables qui reflètent notre détermination à lutter contre le changement climatique, en prélude à la COP 29 prévue à Bakou, en Azerbaïdjan en novembre 2024. La COP 29 repose sur deux piliers complémentaires : renforcer l’ambition et permettre l’action.

En conséquence, nous devons nous engager à mettre en œuvre une CDN ambitieuse, réaliste et transparente, tout en exigeant un financement adéquat pour transformer nos ambitions en actions climatiques concrètes aux échelles nationale et infra nationale. En effet, en matière d’action climatique, le financement est l’outil essentiel pour les pays en développement tel que le nôtre, permettant de transformer les ambitions en actions d’atténuation, d’adaptation et désormais de remédiation aux pertes et dommages.

En conclusion, la COP 28 a apporté trois recommandations clé qui nécessitent une attention particulière de la part du Cameroun, en préparation à sa participation à la COP 29 où l’essentiel des aspects financiers de la COP 28 ont été reportés. Cette COP envisage l’adoption d’un nouvel objectif de financement climatique en remplacement de l’engagement infructueux actuel des pays développés, de fournir 100 milliards de dollars par an de financement climatique aux pays en développement.

En outre, nous devons nous préparer activement pour la prochaine COP 29 en intégrant les coûts des pertes et dommages, pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables. Ceci d’autant plus qu’en prélude à la COP 29 est programmé une réunion préparatoire internationale, pour permettre aux pays de présenter leurs nouveaux engagements climatiques, afin de garantir l’obtention des CDN plus ambitieuses et des financements nécessaires pour l’action climatique à l’échelle nationale.

 

1 réflexion sur “Contribution du Think do Tank The Okwelians pour garantir une participation productive du Cameroun à la COP 29 à Bakou”

  1. Pierre CHEKEM

    Les COP sont des pièges à con.
    Donc plus des problèmes que la solution..
    C’est le Bassin du Congo et l’Amazonie qui aident les pays pollueurs à respirer.
    Mais on fait croire au monde que les financements promis et jamais décaissés aideront le Bassin du Congo…
    Faire l’évaluation de la 15e à la 28eme COP et en tirer les conséquences. Mbout n’a sick!

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