Christophe Mien Zock : « le collectif qui a permis la victoire du 12 octobre 2025 semble avoir volé en éclats »

Cameroun Actuel
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Un an après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Christophe Mien Zock appelle les partisans de Paul Biya à dépasser les controverses politiques et à privilégier les actions concrètes.

Dans un éditorial intitulée « Si proche et pourtant déjà si loin… », il estime que le pouvoir doit répondre aux attentes des Camerounais et replacer les enjeux de développement au centre du débat public.

Douze mois après un scrutin qui a opposé Paul Biya à Issa Tchiroma Bakary, Christophe Mien Zock dresse un bilan nuancé de la première année du nouveau septennat. Il rappelle que le président sortant a remporté l’élection face à un ancien membre de son gouvernement, dans un contexte de forte compétition politique.

Pour l’auteur, la victoire électorale offrait au camp présidentiel l’occasion de construire un discours fondé davantage sur les réalisations que sur les slogans et les promesses. Mais, selon lui, le collectif qui avait contribué à cette victoire semble depuis lors fragilisé par les ambitions individuelles de certains acteurs.

« La victoire est collective alors que la défaite est orpheline », écrit-il, en soulignant les difficultés à maintenir une dynamique commune après l’échéance électorale.

Lire l’éditorial de Christophe Mien Zock :

Si proche et pourtant déjà si loin…

Le 12 octobre 2025, les Camerounais se rendaient aux urnes pour élire leur président de la République. Douze mois plus tard, presque une éternité, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts mais personne n’a oublié sauf ceux frappés d’amnésie. Au-delà des péripéties, des anecdotes et des histoires, petites ou grandes, liées à ce grand rendez-vous, avant, pendant et après, l’Histoire retiendra une seule ligne: le scrutin fut très disputé et au bout du bout, Paul BIYA l’a remporté face à Issa TCHIROMA BAKARY qui, quelques mois plus tôt, était encore membre de son gouvernement.

L’histoire étant écrite par les vainqueurs, Paul BIYA, ses partisans et leurs soutiens avaient la possibilité et l’opportunité de servir au peuple camerounais un narratif exceptionnel à la hauteur de leur détermination à gagner cette bataille électorale. Un narratif davantage axé sur les actes, les actions et les résultats que sur les incantations et les intentions, les slogans et les discours. La victoire est collective alors que la défaite est orpheline.

Hélas, le collectif qui a permis la victoire du 12 octobre 2025 semble avoir volé en éclats, confronté qu’il est aux ambitions individuelles et individualistes de certains acteurs. Un an plus tard, en termes de bilan, fut-il précoce, les Camerounais voient le verre à moitié vide tandis que les inconditionnels de Paul BIYA le voient à moitié plein. Ils ont beau jeu de mettre à l’actif de ces douze premiers mois, le changement générationnel intervenu dans les deux Chambres du Parlement et la révision de la Constitution avec l’instauration d’un poste de vice-président dans l’architecture institutionnelle du Cameroun « un, uni et décentralisé ».

Insuffisant, cingleront sans aucun doute les opposants et les contempteurs de tous bords. Six ans avant la fin du mandat et trois semaines avant la célébration, le 6 novembre 2026, du 44è anniversaire de l’accession de Paul BIYA à la magistrature suprême du Cameroun, ses partisans devraient s’abstenir de s’embourber dans ce débat marécageux.

Le Cameroun étant englué dans les polémiques et les scandales depuis le début de ce septennat où il y a pourtant tant à faire, il convient de ne pas ajouter de la polémique à celles qui existent déjà. La bonne attitude consiste à faire le dos rond à toutes les critiques, à les prendre pour ce qu’elles sont et de se poser la seule question qui vaille la peine d’être posée en ce moment: quel Cameroun voulons-nous laisser à nos enfants? En d’autres termes, que devons-nous faire, tous autant que nous sommes, pour construire et conduire le Cameroun vers des rivages toujours plus prospères, stables et pacifiques?

Au terme de ces douze premiers mois d’un septennat conquis de haute lutte, la lucidité, individuelle et collective, consiste à reconnaître que le Cameroun se trouve à la croisée des chemins. Les Camerounais attendent et espèrent beaucoup des dirigeants et du pouvoir en place. Leurs attentes, leurs espoirs et leurs espérances ne doivent pas être déçus.

Malheur à celui ou à celle par qui viendra le malheur du Cameroun.

Par Christophe Mien Zock

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