Pensionnaire du Racing Club Roubaix en 3e division en France et meilleure buteuse de cette division, Chanel Tchaptchet se trouve depuis près d’un an écartée de l’équipe nationale féminine de football du Cameroun. L’attaquante de 25 ans, dotée d’un potentiel offensif exceptionnel et d’un sens affiné du but, est confrontée à une situation déconcertante liée à une supposée double identité.
Alors qu’elle performe brillamment en club, la raison de sa non-convocation reste floue et frustrante. S’exprimant auprès de nos confrères d’Allez Les Lions, Tchaptchet a raconté son expérience :
« Nous devions jouer le Kenya, j’étais toute excitée. Les planètes s’étaient enfin alignées. Sauf que je ne savais pas que mon retour à l’équipe nationale allait déclencher une suite de saisons sombres pour moi. J’arrive en sélection on joue le Kenya, je joue seulement 1 minute 30. C’était tellement frustrant pour moi puisque je sentais que je pouvais apporter plus. Mais bon c’est le choix d’un coach, je me dis qu’au match retour j’aurais plus de temps de jeu.
Mais grande fut ma surprise quand le coach m’a annoncé que je ne jouerai pas pour une affaire de double identité. J’étais choquée, mais il me parle de quelle double identité ? […] Quand je rentre en France, le coach Bisseck me fait savoir qu’il ne m’appellera plus jamais si on ne règle pas mon problème de double identité. »
L’ancienne attaquante du Havre, qui a déjà été sélectionnée sous le coach Zabo en 2021, ne comprend pas cette accusation :
« J’ai joué contre la RCA en 2021, j’ai été sélectionnée pour les barrages des JO la même année. Je reçois les convocations en club au nom de Tchaptchet Djuka Chanel, la Fecafoot m’a toujours payé le billet d’avion lorsque je suis convoquée, au nom de Tchaptchet Djuka Chanel. J’ai fait tout mon parcours scolaire et académique avec ce nom, j’ai eu mes diplômes au Japon avec ce nom, j’ai fait ma carte d’identité et mes deux passeports avec ce nom, je ne sais pas d’où sort la double identité dans mon parcours sportif.
Voilà la raison qu’on m’a donnée pour justifier ma non sélection à l’équipe nationale. On m’avait demandé de jouer en première division si je veux être sélectionnée, je l’ai fait. Une fois en première division, on me sort une affaire de double identité qui a failli rendre mes parents fous. »
Cette affaire a eu des répercussions profondes sur sa carrière. Après la résiliation de son contrat au Havre, elle est contrainte de signer en D3 avec Roubaix, où elle excelle pourtant. Malgré ses performances, rien ne s’arrange en équipe nationale. Chanel Tchaptchet a tenté de saisir la Fecafoot, mais sans succès :
« Après ce problème, c’était mon premier réflexe, écrire à la fédération. Puisqu’après notre retour du Kenya, plus personne n’a fait allusion à ce problème. C’était silence radio. J’ai écrit à la Fecafoot, personne n’a répondu. Je n’ai jamais eu de retour. Des personnes interposées proches de la fédération m’ont demandé d’écrire à la CAF pour résoudre cette erreur.
Je l’ai fait, mais jusqu’aujourd’hui, je n’ai pas reçu de réponse. Vous voyez comment la négligence peut tuer le rêve d’une gamine ? Ça ne préoccupe personne parce que c’est Chanel. J’aimerais juste savoir à quel moment on a détecté ma double identité. On me fait porter une accusation à tort. »
Selon elle, le prétendu problème de double identité ne concerne ni sa date de naissance, ni son nom officiel, mais un sobriquet familial qui serait apparu par erreur dans les documents de la CAF. Cette situation, qui rappelle le cas de Rony Mimb Baheng, soulève des questions sur la gestion de la Fecafoot et l’impact de telles erreurs sur la carrière des jeunes talents.
- « Ville Propre » : Paul Biya débloque des moyens, le MINAT mobilise préfets et maires - 21 janvier 2026
- « Ils nous ont tout pris » : la sortie explosive d’Abdouraman Hamadou Babba contre la FIFA - 21 janvier 2026
- Côte d’Ivoire : Robert Beugré Mambé reconduit au poste de Premier ministre - 21 janvier 2026







