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Célébration de la Journée de la liberté de la presse, mais pas de justice pour le journaliste Samuel Wazizi décédé en détention il y a quatre ans

Les journalistes camerounais se joignent aujourd’hui à leurs collègues du monde entier pour commémorer la Journée mondiale de la liberté de la presse, mais on a très peu parlé de journalistes comme Samuel Wazizi, qui a été tué en détention.

La journée qui en est à sa 30e édition est commémorée au Cameroun à un moment où les journalistes sont de plus en plus ciblés et parfois tués. Une de ces victimes est le regretté journaliste Samuel Wazizi, dont le corps n’a pas encore été présenté à sa famille pour être enterré.

Le présentateur est mort aux mains des agents de la sécurité de l’État et sa famille n’a appris qu’il était mort presque un an plus tard.

La controverse autour de la mort de Wazizi et le silence du gouvernement sur les multiples appels à enquêter et à traduire les auteurs en justice a laissé les professionnels des médias dans une impasse. Selon un rapport de Reporters sans frontières (RSF), « 15 mois après la disparition forcée du journaliste camerounais Samuel Wazizi et six mois après la confirmation de sa mort en détention ».

Wazizi a été arrêté arbitrairement par des soldats dans la région du Sud-Ouest le 2 août 2019. Le gouvernement camerounais n’a admis que dix mois après, sous pression, que Wazizi était mort en détention.

L’admission est venue après une alerte ait été donnée par la presse locale que Wazizi n’était en effet plus. Plusieurs médias locaux et organisations de défense des droits ont maintes fois fait pression sur le gouvernement pour enquêter et traduire les auteurs en justice en vain.

Alors que les gens étaient encore aux prises avec la situation de Wazizi, une autre attaque contre la presse impliquant Martinez Zogo, un journaliste basé à Yaoundé, a été brutalement assassiné il y a quelques mois.

Alors que des enquêtes ont été menées et que des suspects ont été arrêtés et inculpés, le cas de Wazizi semble avoir été jeté dans la poubelle.

« Si vous connaissiez bien ce gouvernement, vous auriez dû savoir maintenant qu’il considérait depuis longtemps que cette affaire était réglée. Ils ont dit que Waziz était mort de « sepsis » et que c’en était fini », a déclaré un journaliste sous anonymat.

Cependant, tout n’est pas perdu, car les organisations de défense de la liberté de la presse du Cameroun et d’ailleurs rappellent au gouvernement d’enquêter et de traduire les auteurs en justice.

Alors que les professionnels des médias commémorent la liberté de la presse mondiale ce jour-là, il est de plus en plus important de continuer à chanter au sommet de l’arbre pour s’assurer que le gouvernement camerounais assume ses responsabilités dans l’affaire Wazizi.

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