La Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) déclare ne plus être en mesure de satisfaire les prélèvements de carburants destinés à la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn). Le ministre de l’Eau et de l’Energie a saisi le secrétariat général de la présidence de la République pour proposer une alternative.
L’approvisionnement en carburants à la Dgsn est source de préoccupation au sein de l’administration camerounaise. Deux institutions signalent des tensions dans la gestion des carburants prélevés au profit de la délégation. Deux correspondances datées du 06 octobre 2026 mettent à découvert la situation tendue que traverse la délégation en présentant des problèmes structurels, de trésorerie marqués par l’épuisement des stocks de sécurité. ces réserves pétrolières appartenant à l’État et destinées à préserver l’approvisionnement en cas de force majeures.
L’une des correspondances provient de la Scdp. Adressée au délégué général à la sûreté nationale, la lettre fait l’état des prélèvements effectués. Jusqu’à fin juillet 2026, 11 543 613 litres de super et 11 221 664 litres de gasoil ont été prélevés au profit de la Dgsn, pour un volume global de près de 22,8 millions de litres de carburants. La Scdp indique que ces prélèvements ont entrainé l’épuisement des stocks de sécurité, mettant à mal sa capacité à poursuivre les livraisons.
Ainsi, l’entreprise demande des mesures permettant d’obtenir des parties prenantes la restitution des stocks consommés avant toute reprise des livraisons. Elle demande aussi la désignation formelle des personnels habilités à signer les documents d’enlèvement dans ses dépôts. La Scdp révèle une dette commerciale de 204 887 493 FCFA correspondant à un taux de partage hors TVA de 9 FCFA par litre.
Ces éclairages de la société ne sont pas les seuls à présenter la gravité de la situation des carburants en rapport avec la Dgsn. Une autre correspondance, celle du ministre de l’Eau et de l’Energie contient d’autres détails montrant la durée de cette situation et l’inefficacité de la solution initiée.
Le ministre Gaston Eloundou Essomba a saisi le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République. Lui rendant compte de la situation, le membre du gouvernement laisse comprendre qu’il a reçu en 2024 des instructions pour engager un opérateur chargé d’approvisionner en urgence la Dgsn dans l’attente de la reconstruction des stocks épuisés. Le ministre des Finances s’était ainsi lié à Neptune Oil S.A par convention pour assurer cette urgence. Un remplacement de 5 860 m3 de carburants consommé entre 2022 et 2023 a été effectué pour un montant de 4, 875 milliards de FCFA. Mais ce montant reste impayé, malgré l’engagement, la liquidation et l’ordonnancement.
D’après le Minee, au 06 octobre 2026, le volume total de carburants consommés par la Dgsn s’élève à 22 765 m3. Le montant correspondant est de plus de 21 milliards de FCFA. Ce volume qui épuise les stocks de sécurité englobe aussi des volumes appartenant à certains opérateurs pétroliers qui en réclament le remplacement à la Scdp.
La situation expose ainsi la SCDP à des risques juridiques et financiers et exige des mesures correctives à long terme. A cet effet, pour pallier les structurelles liées au mécanisme fondé sur le recours à un opérateur privé, le ministre propose un arrimage de la Dgsn au système d’approvisionnement des corps de défense assuré par Tradex S.A. ; que la délégation bascule sur le modèle appliqué au ministère de la Défense et à la Garde présidentielle. Ces propositions faites, il revient à la présidence de les apprécier et d’indiquer la conduite à contenir.

