Pour limiter la saigner, le ministre du Commerce a réuni les acteurs de la filière à une concertation afin de définir les nouvelles règles de commercialisation. Cette rencontre du 14 novembre à Yaoundé visait à discuter de l’arrêté récemment pris par le Ministre, qui établit les modalités de conditionnement et de commercialisation des fèves de cacao au Cameroun.
C’est un texte qui présente de nombreux avantages pour l’ensemble de filière cacao. C’est le cas par exemple, des rentrées fiscales et douanières ; le rapatriement des devises pour stimuler l’économie nationale, ainsi que la création d’une concurrence sur le marché. Et, tous les acteurs, à l’unanimité l’ont reconnu, le 14 novembre 2023, lors d’une réunion importante d’échange dans la salle de conférences du ministère du Commerce, présidée par Luc Magloire MBARGA ATANGANA. Cette rencontre visait à discuter de cet Arrêté récemment pris par le Ministre, qui établit les modalités de conditionnement et de commercialisation des fèves de cacao au Cameroun. Toutes les parties prenantes, y compris les responsables des ministères du Commerce et des Finances, les représentants du MINDEF, du SED/Gendarmerie, de la DGSN, du Guichet Unique, de l’ONCC, du CICC et du secteur privé, ont participé à cette réunion.
L’on précise que cette initiative vise à résoudre la problématique des sorties frauduleuses du cacao vers les pays voisins, notamment le Nigeria. En fixant des mesures de conditionnement et de commercialisation plus strictes, le Cameroun cherche à contrôler davantage les flux d’exportation de cacao et à prévenir les pratiques illégales qui nuisent aux producteurs nationaux. En créant un environnement concurrentiel plus équilibré sur le marché, les producteurs de cacao bénéficieront d’une plus grande opportunité de tirer profit de leur travail. « On ne peut que se féliciter de tout ce qui a été fait, et nous devons continuer à travailler pour consolider cette filière dans un intérêt commun », s’est réjoui le Ministre du Commerce au terme de la concertation. Seulement au titre de la campagne cacaoyère 2022-2023, le Cameroun a estimé à environ 70 milliards FCFA, les pertes enregistrées du fait des exportations frauduleuses de sa production, principalement à destination du Nigeria, pays frontalier.
Il s’agit, précise-t-on, « à travers cet important texte, de mettre en place les conditions et procédures d’exportation du cacao par voies aérienne, fluviale et terrestre, afin de conjurer le phénomène tant décrié et préjudiciable à l’économie nationale des exportations frauduleuses à destination des pays voisins ». Le ministre du Commerce ajoute que « la mise en œuvre des mesures contenues dans ce
texte devra se traduire, pour le Trésor public, par des rentrées fiscales conséquentes et, par rapport aux producteurs, par un relèvement prévisible des prix et de leurs revenus, compte tenus des besoins importants de certains pays limitrophes, à la recherche de la fève, et de la demande locale, en forte croissance, qu’il s’agisse des industries de transformation ou des flux traditionnels à l’exportation, face à une offre devenue par conséquent insuffisante ».
Dans les détails, on note par exemple que la profession d’acheteur du cacao ne sera désormais ouverte qu’aux organisateurs des producteurs conformément aux lois et règlements en vigueur ; aux opérateurs économiques ayant souscrit la déclaration d’existence et possédant la carte professionnelle délivrée par l’Interprofession, le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC) ; aux unités locales de transformation. Et, tout acheteur de cacao est tenu de soumettre à l’interprofession, la liste de ses mandataires. Par conséquent, seul le mandataire titulaire d’une carte professionnelle délivrée par l’interprofession peut procéder aux opérations d’achat de cacao pour le compte de son mandant.
Aussi, précise l’arrêté du MINCOMMERCE, l’achat et la vente du cacao s’effectue librement sur toute l’étendue du territoire national dans le cadre des marchés organisés par les producteurs et, ou les organisations de producteurs ; les conventions signées entre les producteurs et, ou les organisations de producteurs et les acheteurs, les transformateurs ou les exportateurs. Néanmoins, sont interdits : les concessions en monopole des zones d’achat ; l’attribution des quotas à des acheteurs et, ou exportateurs par zones d’achat ou au plan national ; les ventes ou achats devant ou dans l’enceinte des magasins des acheteurs et des exportateurs ou de leurs mandataires ; les achats et les ventes de cacao de porte à porte ou de nuit ; les ententes entre les acheteurs ou leurs organisations en vue d’imposer un prix unique aux producteurs, etc. Il est important de souligner que des circulaires d’application complémentaires sont en cours d’élaboration et seront bientôt disponibles. Ces circulaires préciseront les détails pratiques de la mise en œuvre de l’Arrêté, fournissant ainsi des orientations claires aux acteurs concernés.
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