Selon l’analyste des questions de gouvernance, Paul Biya n’a pas le droit de faire du « télétravail présidentiel » alors qu’on a un palais de la présidence à Etoudi.
Invité de l’émission CANAL PRESSE sur Canal 2 International ce dimanche 26 juillet 2026, Benjamin Ngongang a dénoncé l’absence prolongée du chef de l’État, Paul Biya. En effet, le président de la République est à son 46ᵉ jour hors du pays pour « court séjour privé ».
Selon Benjamin Ngongang, « si le chef de l’État était sorti pour une mission officielle ou il y avait des négociations, il l’aurait dit. Ce n’est pas le cas. Donc, ça veut dire qu’il part, il se permet un séjour privé qui reste aux frais des Camerounais, parce que, que ce soit un séjour privé ou officiel, le déplacement du chef de l’État est financé par les Camerounais. Comme il a embarqué au moins trois fonctionnaires avec lui, et son épouse, ceux-là aussi sont financés par l’argent des Camerounais.
On ne va pas rentrer dans la question de est-ce que la constitution, la loi… C’est un débat futile, qui n’a pour seul objectif que de distraire les gens. Le principe est simple. À partir du moment où les Camerounais mettent leur argent, ils sont en droit de savoir où est le chef de l’État, qu’est-ce qu’il fait, et quand est-ce qu’il rentre.
Parce que chaque journée où il reste en dehors de ce pays, il finance des étrangers, il finance des économies étrangères avec de l’argent qui aurait pu servir à résoudre le problème d’électricité dans ce pays, à apporter de l’eau dans les quartiers, à aborder des sujets très simples comme comment on fait pour aller à l’école…
On a élu un président pour qu’il soit au travail. Sinon, pourquoi avons-nous donc un palais de la présidence à Etoudi, si le président peut se permettre de faire du télétravail présidentiel ? », s’interroge-t-il.
Le président Paul Biya a fait la promesse de constituer une nouvelle équipe gouvernementale pour mettre en œuvre sa politique au cours du septennat. Mais, plus d’un semestre après, le gouvernement reste attendu. De même, la révision constitutionnelle du 14 avril prévoit la nomination d’un vice-président. Le poste n’est pas encore pourvu.

