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Battre en retraite. Génération 1961-1968, génération sacrifiée

Ils sont nés après le 31 août 1961. C’est-à-dire après la date fixée par le Premier ministre à partir de laquelle la réforme des retraites visant à les faire travailler plus longtemps est censée s’appliquer. Pour les générations de 1961 à 1968, cela se traduira par trois mois de travail supplémentaires chaque année, jusqu’à ce que les natifs de 1968 soient les premiers à atteindre le nouvel âge légal de départ : 64 ans. A cela s’ajoute l’accélération du rythme du passage de 41 à 43 rentes à cotiser. Pour tous, cette réforme, si elle est adoptée, entraînera des changements majeurs dans leur projet de vie à compter du 1er septembre 2023. Car la retraite à 62 ans était jusqu’alors à leur portée. D’où leur colère.

Ironie du sort, Elisabeth Borne y échappe de justesse. Mais pas Edith, une fonctionnaire née quatre semaines trop tard, le 28 septembre 1961. Si le projet de report d’âge devait passer, elle serait l’une des premières touchées. Pourtant, juste avant l’annonce de la réforme, elle venait d’envoyer son document de révocation des cadres, en vue d’un départ prévu le 1er octobre. Car, dans la fonction publique, le dossier doit être envoyé neuf mois avant la retraite. La surprise est grande lorsque sa sœur l’appelle pour lui dire que son projet de vie pourrait être reporté de trois mois. « J’avoue que je ne la croyais pas. Pourquoi nous mettre le dos au mur, quand l’administration nous pousse à tout anticiper avant de partir ? » Conseiller technique au rectorat du Nord et habitant Lille, Edith envisage de rejoindre sa fille qui a déménagé en Normandie. Le déménagement est prévu pour cet été, où l’attend son futur appartement, ses petits-enfants. Si trois mois ne semblent rien à l’exécutif, à ceux qui s’apprêtent à changer de vie, c’est « un bazar bizarre ». « Cela montre à quel point ils nous considèrent. Nous ne sommes que des pions. »

Ce coup de massue a également frappé Jacques, né en 1962. Depuis l’an dernier, ce technicien de qualité vit une histoire sans fin, sa retraite étant sans cesse repoussée. Ce qui l’entraîne toujours un peu plus dans la précarité. Après une vie de dur labeur, qui a débuté à l’âge de 17 ans, il est confiant le jour où il se rend au Carsat, équipé de son kit complet de futur retraité : 168 trimestres cotisés et ses 2 meilleures années enregistrées. Départ prévu en septembre. Après vingt-trois ans dans la même boîte, il multiplie les postes dans les usines du bassin de Saint-Nazaire, via des contrats d’intérim, 400 en tout, en CDD et quelques-uns en CDI, tout cela ponctué de périodes de chômage. Dans l’après-midi suivant la date, il tombe du placard. La voix au bout du fil annonce la phrase. Ayant plus de quatre trimestres consécutifs de chômage, il n’a plus accès au départ à 60 ans prévu par le dispositif des carrières longues.

En…

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